Comment je suis tombé dedans quand j’étais petit
Mes deux parents ont navigué ensemble presque depuis qu’ils se connaissent. Mon père avait découvert la voile en vacances avec ses parents à Morgat, où mon grand-père avait ensuite mis la main sur un corsaire presque neuf en 1968. C’est sur ce corsaire que j’ai commencé à naviguer quelques mois après ma naissance en 1981 (en tout cas, c’est le récit qu’on m’en a fait).
La première photo de moi, date de l’année suivante, toujours sur le même corsaire nommé Thierry Georges. Je navigue donc depuis 42 ans pratiquement sans discontinuer une seule année. Mes parents nous emmènent tous les ans en croisière deux semaines sur des voiliers, monocoques uniquement, en général en Bretagne (Saint-Malo et les îles Anglo-normandes au Nord, l’île d’Yeu au Sud). Mon papa sera mon unique professeur de voile et de navigation jusqu’à ce que je découvre la régate en école d’ingénieur.
Tous les ans, je souffre atrocement du mal de mer mais je suis irrésistiblement attiré par la navigation à voile, les manœuvres, la route, les escales. Je rêve toute l’année de la prochaine croisière, voire plus depuis que je connais Guillaume et son voyage extraordinaire autour de l’Atlantique. Je suis capable de réciter presque toutes les escales de chaque croisière et je me rappelle encore des types de bateau et de la plupart des bases de départ 20 ans après la dernière croisière que j’ai faite avec mes parents. Je suis complètement mordu !
Comment j’ai entraîné Magali dans l’aventure
En 2001, nous formons un couple avec Magali et je l’emmène naviguer dès les premiers mois. La toute première fois, ce sera en croisière avec des amis sur un Sun Odyssey 29.2 entre Loctudy et Belle-Île pendant une semaine (à 6 sur un deux cabines !) Je suis pour la première fois responsable d’un bateau, néanmoins une de nos meilleures amies, également voileuse, est également à bord et aujourd’hui j’ai honte de mon comportement de l’époque vis-à-vis de l’équipage en tant que skipper, mais Magali est restée.
L’année suivante, j’ai trouvé un stage au chantier Structures à Combrit, celui qui fabrique les Pogo qui me font rêver. J’ai l’idée d’utiliser le corsaire qui dort dans la grange familiale depuis 1982 comme habitation dans le port de Loctudy pour ce stage. Magali accepte de poncer les oeuvres vives, couchée entre les longerons de la remorque et la coque ! Le bateau prend l’eau, il coule à moitié au retour d’une sortie un peu musclée avec… Guillaume mais je suis heureux, dans mon élément, entre des bateaux de rêve au chantier et « mon » bateau dans le port.
Pendant ce temps, je régate avec l’école, y compris en hiver où je découvre la régate avec 30nds+ de vent, et je découvre aussi l’organisation de régate en participant à l’organisation de la coupe du monde de voile des étudiants (SYWoC) avec mon école d’ingénieur. C’est alors que Guillaume décide… de s’acheter un bateau. Il nous invite à bord tous les deux pour une de ses premières sorties à l’entrée du golfe du morbihan, en plein hiver. Sur le bateau qui tournoie doucement dans le courant, je réalise avec Magali que le corsaire dort toujours dans sa grange et que nous avons maintenant de quoi le restaurer vraiment.
Comment le rêve a commencé à devenir concret
Nous contactons alors l’ASCorsaire, prenons beaucoup de renseignements et décidons de sortir le bateau de sa grange pour l’emmener chez le chantier réparateur de corsaire de l’époque. Il nous bricole un truc vite fait pour que nous puissions essayer d’aller au National 2006 et nous le remettons à l’eau pour le weekend du 14 juillet, accompagné de mon frère JB. Grosse frayeur quand nous échouons le bateau sur les rochers aux Glénans mais il ne semble pas avoir trop souffert.
Le National 2006, qui a lieu à La Rochelle, est une réussite du point de vue des rencontres, un fiasco mémorable sur Thierry Georges puisque le bateau s’ouvre par l’avant et que l’équipage se disloque, mon frère nous quittant immédiatement après la première journée de régate, écoeuré par mon autoritarisme en tant que skipper. Magali, elle, reste… mariés, pour le meilleur et pour le pire ! Et le meilleur est à venir !
En attendant de réussir à faire réparer vraiment le corsaire familial, nous en achetons un d’occasion et commençons début 2007 à naviguer tous les deux. Le plaisir de naviguer est immense entre les petites sorties en croisière et les régates que nous pouvons enfin terminer. La rénovation de notre corsaire (je l’ai racheté à mon grand-père) se termine juste après la naissance de notre Arthur, pour le National 2008 où nous l’embarquons, âgé d’à peine 2 mois, non sans l’avoir déjà emmené une semaine en croisière à Hyères à 6 semaines. L’histoire maritime de la famille tout juste créée commence très fort avec une manche très ventée entre Port-La-Forêt et Loctudy.


Comment le rêve s’est agrandi
A partir de 2008, nous faisons les régates en corsaire chaque année avec Magali. Le corsaire nous suit dans notre premier déménagement à Sandillon, à côté d’Orléans puis le deuxième à Ligugé, près de Poitiers où nous vivons aujourd’hui. L’abri pour le bateau est un critère de choix de notre logement.
La famille s’agrandit aussi, Alice naît en 2010 juste avant le départ à Orléans, puis Martin en 2013 et Mathilde en 2016, juste avant de partir à Ligugé. Peu de temps après notre arrivée, début 2017, nous rencontrons un couple de notre paroisse, responsable de la préparation au mariage, qui cherchent un couple accompagnateur. Nous acceptons avec plaisir car nous souhaitions transmettre le bonheur que nous vivons dans le mariage à d’autres couples.
Il se trouve que ce couple, parents de 4 enfants, possède un bateau à La Rochelle et navigue plusieurs semaines l’été. N’ayant rien de prévu pendant la dernière semaine des vacances scolaires, je propose à la dernière minute à Magali de louer un bateau pour les rejoindre sur leur route de retour vers La Rochelle. J’en profite pour louer un bateau de mes rêves, un Pogo 30 superbement équipé. Nous passons une semaine de rêve entre navigation, discussions, jeux entre familles, plages, échanges de bateaux. J’ai replongé !
Comment le rêve a pris sa forme finale




Commence alors une série de croisières chaque année. En 2018, nous louons encore une fois à la Rochelle sur un RM9.80 pendant une semaine. Et en 2019, nous faisons un grand saut en avant, nous profitons de l’avion Poitiers-Ajaccio pour réaliser un rêve, naviguer en Corse. Et pourquoi pas sur un catamaran, les monocoques « amusants » n’étant pas légion dans le coin.
Nous embarquons alors avec bonheur sur un Lavezzi 40 nommé Virginie sur lequel nous passons deux semaines de rêve autour du Sud-Ouest de la Corse. Nous avons trouvé la croisière idéale ou presque ! Chaud, plaisir à la voile, plateforme de navigation incroyable en famille, une coque parents, une coque enfants pour la nuit, un immense espace commun pour la journée.
En 2020, nous décidons de faire contre la mauvaise fortune du covid une aventure à nouveau et tentons de retourner en corse, depuis le continent, en louant un bateau à Marseille. Un monocoque, je ne me sens pas encore de maîtriser un catamaran suffisamment pour partir en traversée avec.
En 2021, nous louons à nouveau un catamaran, sur la côte d’azur, plus par hasard qu’autre chose, on vous racontera peut-être un jour. Cela confirme notre amour du catamaran comme plateforme de vie et de navigation si elle est bien équipée (en particulier de voiles d’avant performantes). En 2022, je m’apprête à réaliser à nouveau un rêve puisque nous avons loué un Pogo 12.50 en Sardaigne pour traverser vers le continent…
Et c’est là que nous sommes partis en retraite de couple pour prendre du recul…


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