Après une traversée tranquille – mais appétissante – depuis les îles Eoliennes nous sommes mouillés devant la plage de Vico Equense au sud de Naples. Eliot, Louna et Cassandre sont arrivés eux aussi au camping à côté du port de Vico Equense. Nous avons prévu de les retrouver dès le soir et d’aller visiter Pompéi le lendemain.
Retrouvailles à Vico Equense
Samedi 10 août nous sommes arrivés à 10h de la traversée. Pendant qu’on rangeait, on s’aperçoit que Martin a des poux plein les cheveux. Peut-être un cadeau des cousins qui en ont eu en Grèce aussi mais surtout, c’est le branle bas le combat contre les insectes sauteurs ! Magali fait un shampoing anti-poux et Antoine passe longuement le peigne à poux avant et après le shampoing (heureusement on en avait acheté en prévention en Grèce dès que des poux avaient été détectés chez les cousins). Tous les autres membres d’équipage sont aussi passés au peigne fin mais l’infestation semble localisée uniquement sur Martin. Il va falloir aller laver tous les draps qui ont été en contact. Heureusement nous repérons une laverie automatique dans le village, à peine 600m à vol d’oiseau…
L’après-midi, Antoine, Magali et Martin (qui espère retrouver Eliot un peu plus tôt) partent avec nos sacs de linge en direction de la ville. Nous avions repéré un petit chemin en dehors des grosses routes, mais il s’avère que ce sont des volées d’escalier qui grimpent la falaise. Antoine, Magali et Martin montent lentement en portant les sacs et le caddie avec plusieurs pauses pour boire à l’ombre des murs car bien sûr il fait toujours une chaleur caniculaire. Le centre-ville est en haut de la falaise, plus de 100m plus haut que le bateau ! Et nous parcourons les rues jusqu’à la laverie. Une fois toutes les machines lancées nous nous réconfortons avec une bonne glace italienne. Nous allons aussi repérer la gare qui nous permettra d’aller à Pompéi demain.
Quand les machines sont finies, Cassandre, Eliot et Louna nous rejoignent à la laverie. Ce sont les grandes retrouvailles pour Martin et Eliot qui avaient planifié leurs vacances italiennes pour se retrouver. Les amis nous ramènent au port en voiture : on n’aura pas les escaliers à descendre, ouf !
Le soir on invite tout le monde à découvrir le bateau, prendre l’apéro sous la canopée au soleil couchant et dîner à bord. Après une soirée film, Eliot reste dormir à bord pendant que Louna et Cassandre retournent au camping à côté le port.



Visite de Pompéi
Dimanche 11 août, nous avons réservé une visite guidée de Pompéi en français par un archéologue de 16h à 18h car nous espérons que nous aurons moins de chaleur en fin de journée. Cependant, les guides nautiques, les avis internets et le propriétaire du camping alertent sur les risques vols de bateaux ou dans les bateaux dans la baie de Naples. Ils déconseillent de laisser le bateau sans surveillance pour une journée. Comme Antoine avait visité Pompéi il y a 20 ans avec ses parents, il préfère rester au bateau l’après-midi. Magali va juste le déposer le matin sur l’autre plage de Vico pour quelques courses (dernier approvisionnement de 3 boîtes / 150 comprimés de Cynazyn/Cinnarizine, notre médicament miracle contre le mal de mer, qu’on ne trouve pas en France) et 20L de carburant pour l’annexe dont le réservoir est presque vide… la route par ce côté là grimpe aussi haut que les escaliers de l’autre côté mais c’est une pente beaucoup plus douce qui serpente sous les arbres qui l’ombragent abondamment, ça reste une bonne grimpette mais beaucoup plus agréable !
À 14h nous commençons l’expédition vers la cité pétrifiée. Nous nous retrouvons au camping des amis et montons avec la voiture de Cassandre jusqu’à un parking près de la gare de Vico Equense, évitant ainsi de se fatiguer en amont de la visite avec la montée des 300 marches. Le parking à côté de la gare est une première surprise car pour optimiser l’espace il faut laisser ses clés au gardien pour qu’il puisse déplacer notre voiture si besoin … il faut avoir confiance ! Nous allons ensuite à la gare, achetons les billets au guichet et prenons le train. C’est un genre de RER entre Sorrento et Napoli. Nous repérons bien les arrêts et descendons à la gare de Pompéi au bout de 30 minutes. L’entrée du site est tout près de la gare. Nous sommes bien en avance pour la visite mais nous ne pouvons entrer avant dans le site, alors nous flânons dans les boutiques en mangeant des glaces.
À 16h nous retrouvons notre guide Nello qui nous équipe d’oreillettes pour bien l’entendre. Nous rentrons par le port de Pompéi. En effet la ville fondée par les grecs puis investi par les romains était au bord de la mer mais l’éruption qui a duré 3 jours et recouvert la ville de plus de 12 mètres de matière volcanique a fait avancer le trait de côte 2 km plus loin. Nous grimpons des vestiges du port vers la ville par une rue pavée en pierre volcanique. La cendre a tout recouvert de l’automne 79 à l’an 1748 quand un paysan creusant un puit remonte des statues romaines ce qui déclenche les fouilles. Le poids de la lave avait écroulé la plupart des constructions, les archéologues ont non seulement déblayé la cendre mais aussi reconstruit les murs.
À l’entrée de la ville on trouve le temple de Vénus, patronne de Pompéi, et la basilique. La basilique n’est pas une église car, en 79, il n’y avait pas encore de chrétiens, mais c’est « la maison du roi », c’est à dire la maison du maire qui servait de tribunal et de bourse du commerce qui fixait les prix des denrées vendues en ville. Le bâtiment à le même plan qu’une église avec sa double rangée de colonnes, l’entrée principale à l’opposé de la scène et des entrées secondaires de chaque côté.


Nous arrivons ensuite sur le forum qui est bordé de temples, de marchés et de la blanchisserie. Nous découvrons les corps « pétrifiés » de 3 personnes. En fait il n’y a pas de corps pétrifiés car ils se sont décomposés depuis longtemps mais l’espace qu’ils occupaient dans la cendre est resté vide; un archéologue a eu l’idée de sonder le sol à la recherche de cavités et d’y injecter du plâtre liquide. Ainsi il a obtenu des moulages des corps avec la précision des étoffes et des chaussures. L’éruption a duré 3 jours : d’abord des cendres fines (la majorité des habitants sont partis, seuls quelques esclaves sont restés pour surveiller les maison des pillages), puis il y a eu des nuées ardentes (qui ont tué les 2000 derniers habitants) et ensuite des cendres volcaniques qui a tout recouvert.




Un peu plus loin nous pénétrons dans les thermes qui ont été très bien conservés grâce au toit voûté qui est resté debout. Nous voyons le système de chauffage très sophistiqué de l’époque.

Nous arpentons les rues de la ville qui sont bordées d’échoppes. Nous voyons l’ancêtre du fast-food avec son bar qui servait des pains et boissons. Il semblerait que les serveuses étaient essentiellement des jolies femmes pour attirer le chaland… La chaussée est assez basse avec de hauts trottoirs afin de préserver les piétons et boutiques des eaux pluviales en cas d’averses. Nous sautons sur passages piéton composés de grosses pierres disposées selon une écartement standard qui étaient adaptées au dimensions des chars de Pompéi. Les étrangers devaient laisser leur char aux portes de la ville et louer un véhicule spécial… ils avaient tout compris au commerce.





À la fin de la visite nous allons voir une Domus (maison d’un riche propriétaire) richement décorée de fresques aux couleurs rouge et jaune. Le plan est toujours le même : nous pénétrons dans l’atrium avec un bassin carré au milieu qui collecte les eaux de pluie des toits afin de remplir la citerne au-dessous. Le bureau du maître donne sur cet espace ainsi que des pièces de réception richement décorées. Ensuite nous entrons dans un genre de cloître avec un jardin en son centre, de part et d’autre les pièces de vie de la famille et plus loin les cuisines et pièces pour les esclaves qui ne sont pas décorées.



Le guide nous laisse là et nous pouvons alors déambuler dans la ville en toute liberté. Le soleil est bas, la lumière rasante est magnifique et la température plus agréable. Nous avons bien fait de choisir cet horaire. Nous parcourons les rues qui sont bordées d’échoppes et de Domus au plan caractéristique. Nous continuons jusqu’à l’est de la ville où se trouve l’amphithéâtre. La taille de l’édifice est assez impressionnante et montre la richesse de la ville à l’époque.

Le site fait 22 hectares et les 2 tiers ont été fouillés, c’est encore un chantier archéologique à ciel ouvert.
Dîner de la spécialité locale
Le retour se passe sans encombre, nous retrouvons la voiture dans le parking, le personnel déplace des voitures stationnées dans les allées pour qu’on puisse sortir.
Nous retrouvons Antoine sur le port et on se met à la recherche d’un restaurant. Mais pour 9 sans réservation c’est un peu compliqué. Alors on va commander la spécialité du village : des pizzas napolitaines au mètre ! Nous prenons 3 demi mètres que nous allons manger sur le bateau. C’est très bon après toutes ces émotions et cette marche.

C’était une visite très intéressante qui nous a plongé dans l’époque romaine de la région. Dans les prochains jours, nous allons continuer à découvrir la baie de Naples car nous embarquons Eliot, Louna et Cassandre pour un tour de 3 jours vers les îles de Capri et Ischia d’où ils prévoient de rentrer en Ferry jusqu’à la côté puis de prendre le train pour compléter le tour de la baie et rentrer au camping.



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