Saison 3 Ep 3 : Pause à Port Mahon

Nous sommes arrivés à 6h30 en ce mardi 24 septembre à Port Mahon. Le soleil n’est pas encore levé, nous ne voyons que la lumière des réverbères du port et les bateaux de pêcheurs qui rentrent. Le bateau est amarré à un ponton flottant au milieu du fjord. Il y a l’eau et l’électricité sur le ponton mais nous devons prendre notre annexe pour aller à terre. Nous prévoyons de rester quelques jours ici car un front orageux doit passer d’ici vendredi. En effet, Mahon est très protégé car le port est situé dans un fjord de 6 km de long sur 1 km de large.

Journée repos et école au milieu du port

Antoine et Magali qui étaient à la manœuvre vont se recoucher pour récupérer de la traversée. Les enfants font la grasse matinée aussi.

Tout le monde émerge vers 11h. Martin hisse de pavillon espagnol et Antoine part faire connaissance avec les autres bateaux français amarrés au même ponton, c’est sympa d’échanger sur nos parcours et récupérer de bons conseils de visites. Les enfants commencent l’école. On a un peu de retard à rattraper entre les vagues de Collioure et la traversée. On y passe quasiment l’après-midi. Il est trop tard pour débarquer, on se promet d’être plus efficace demain pour aller découvrir la ville.

Pendant la traversée on a eu un problème avec le gennaker dont la drisse a glissé dans le taquet coinceur. La drisse a un diamètre trop petit pour le taquet en bas du mât mais il est correct pour bien coulisser en haut du mat. Antoine cherche une solution en discutant avec le SAV Outremer et le gréeur. La première idée est de sur-gainer la drisse au niveau du coinceur (ajouter une sorte de chaussette faisant une sur-épaisseur autour de la drisse actuelle). Antoine va devoir chercher une sur-gaine chez un shipchandler à port Mahon.

Un mélange d’architecture espagnole et anglaise

Mercredi 25 septembre après l’école et le déjeuner à bord, nous mettons l’annexe à l’eau. Antoine a repéré un magasin d’accastillage près du débarcadère des bateaux de croisière. Nous amarrons l’annexe sur un quai entre 2 bateaux de pêche et nous débarquons. Magali et les enfants partent de leur côté à la découverte de la ville construite en haut des falaises. Heureusement il y a un ascenseur pour y accéder directement sans se fatiguer. Nous arrivons tout près de l’église Del Carmen. C’est une grande église remplie de statues en bois polychromes. Le cloître attenant a été transformé en marché couvert. Nous repérons ainsi le supermarché où nous pourrons faire quelques courses avant de rentrer.

Nous nous promenons dans les petites rues. Les petits immeubles sont de toutes les couleurs chaudes comme en Catalogne mais garnies de bow-window comme en Angleterre. Certaines portes d’entrée en bois sont sculptées d’ornements mauresques. On voit bien les traces des différentes occupations. Nos pas nous mènent évidemment vers un glacier artisanal qui fera un bon goûter. Antoine nous rejoint dans un petit parc avec une belle aire de jeux. Ainsi au complet et bien rassasiés nous continuons notre visite vers la grande église de Santa Maria qui est un empilement de couches architecturales depuis plusieurs siècles.

Nous trouvons enfin dans une petite quincaillerie une balance à aiguille. En effet en bateau ça bouge tout le temps alors les balances électroniques n’arrivent pas à afficher une mesure. Pour faire des gâteaux un peu précis j’utilise donc un verre doseur et une cuillère balance. Mais ma cuillère a rendu l’âme à Collioure et je n’en est trouvé une autre que sur internet. Nos copains de Kookabura vont récupérer à LGM celle que j’ai commandée et on la récupérera quand on se croisera. En attendant une balance à aiguille fera l’affaire.

Avant de reprendre l’annexe, nous faisons un arrêt à une superbe aire de jeux sur le port, des bateaux pirate abritent des échelles et toboggans. Les espagnols sont très forts en aire de jeux ! Nous continuons au bateau par une séance d’escalade au mât pour tous les enfants.

Ces séances en haut du mât font suite à une nouvelle intervention d’Antoine en haut du mât pour essayer de résoudre un problème qui nous empoisonne un peu les traversées. Il a passé plus de deux heures et fait 4 A/R en haut du mât (et fini à la nuit tombée) pour refixer notre girouette électronique dont les indications fantaisistes pourraient venir d’un manque de rigidité dans sa fixation sur le mât.

Petite note technique sur ce problème pour les aficionados :

Depuis le mois de juin, Antoine avait remarqué que parfois la girouette perd un peu la direction du vent. Au départ, nous pensions qu’il s’agissait d’une fatalité, et que cela reflétait les mouvements un peu chaotiques de la girouette quand la mer est plus agitée que le vent qui nous pousse dessus.

Cependant, au fur et à mesure des analyses, il apparaît que la centrale de navigation calcule une valeur aberrante du vent « vrai » (la direction du vent sur l’eau, indépendamment du mouvement du bateau) dans certaines conditions de mouvements de la girouette. Il indique que le vent vient pile de l’arrière. C’est principalement gênant quand le pilote automatique travaille en mode vent (ou quand un barreur se fie aux indications de la girouette et croit détecter un changement brutal du vent). On le voit sur la photo ci-dessous, les pics correspondent à des variations « plein vent arrière » sur chaque bord.

Cela peut se révéler assez dangereux sous pilote en mode vent, le bateau se mettant à lofer brutalement pour suivre le vent aberrant. En particulier dans du vent fort et des vagues brutales (tiens, ça ne vous rappellerait pas la Sardaigne et l’anxiété d’Antoine quant au pilotage du bateau… on comprend mieux maintenant), le bateau accélère en lofant et cela augmente la force du vent sur les voiles très significativement.

La première hypothèse était un dysfonctionnement de la carte électronique du capteur (changée à LGM fin août). Depuis, nous avons à nouveau eu les mauvaises conditions lors de la traversée vers Minorque et avons constaté que le problème persiste.

L’hypothèse suivante est celle d’un mauvais calage du capteur, et c’est ce qu’Antoine est allé faire en haut du mât. Suite de l’histoire dans les prochains épisodes…

Plongeon dans un hôpital du début du XXème siècle

Le lendemain jeudi 26 septembre nous avons prévu de visiter l’Isla del Rei. C’est un petit îlot au milieu du port qui a abrité un hôpital militaire anglais dès le XVIIIème siècle. Aujourd’hui il est transformé en musée. La visite est gratuite et on peut venir avec notre propre bateau.

Après l’école le matin, nous avons réservé une table au restaurant sur l’île pour 14h15 (on se met à l’heure espagnole). Nous partons donc en annexe à travers le port/fjord et nous l’amarrons sur le petit ponton d’accueil. Nous traversons des jardins magnifiques et découvrons le restaurant niché sous les oliviers avec vue sur mer. Le décor est superbe et les tapas délicieux.

Une fois bien rassasiés, nous allons voir cet hôpital. Tout d’abord il est entouré d’un jardin de plantes médicinales méditerranéennes qui embaume l’air. Ensuite nous parcourons la galerie extérieure où chaque pièce est aménagée avec le matériel médical du début du XXe siècle, on peut les observer à travers les fenêtres. Chaque pièce a sa spécialité : dentiste, ophtalmo, radio, chirurgie, orthopédie, laboratoire d’analyses, pharmacie, herboristerie, bibliothèque et chapelle… on s’y croirait vraiment.

Puis nous re-traversons les jardins et allons dans les bâtiments à l’entrée qui accueille une galerie d’exposition d’art moderne. Des sculptures et installations y sont exposées, c’est plutôt abstrait et épuré. Mais c’est déjà l’heure de partir car le dernier bateau s’en va à 16h30 et l’île ferme aussi.

Nous gardons un très bon souvenir de cette après-midi gustative et culturelle sur cette île préservée.

Au retour Martin fait un petit bricolage pour poser son réveil près de son lit. Puis Antoine et Magali partent en expédition laverie. Nous la trouvons grâce aux conseils d’un équipage de yacht près de la marina. Le temps du lave-linge, sèche-linge et pliage il est presque 21h. Les ados préparent le dîner de riz et champignons à la crème pendant que nous revenons en annexe.

Combat contre les poux saison 2

Nous avions prévu de partir ce vendredi 27 septembre vers une crique à Majorque puis vers Ibiza. Le bateau français voisin nous avait donné plein de belles criques à voir et qui pourraient être protégées des vents de sud ouest. Mais au réveil Mathilde se gratte la tête et on découvre une petite armée de poux. C’est le branle-bas de combat ! D’abord il faut appliquer la lotion pendant plusieurs heures (histoire de gagner la bataille) puis laver tous les draps à 60 degrés. Les doudous et brosse à cheveux sont mis au congélateur pour 8h et les oreillers évacués pour 3 jours. On scrute le cuir cheveux de tout le monde mais ça a l’air d’être concentré sur Mathilde.

L’après-midi nous retournons donc en ville tous ensemble pour la laverie et se réconforter avec une glace. En attendant la fin des machines nous allons dans un super parc qui a une très grande aire de jeux. Les enfants peuvent se défouler en liberté.

Départ vers Ibiza

Samedi 28 septembre, il est maintenant temps de partir vers le sud. Pendant que nous finissons la semaine d’école, Antoine s’occupe de la drisse de spi. Comme il n’a pas trouvé de sur-gaine, il va tenter de sous-gainer sur les conseils de Marc d’A’grement. C’est à dire qu’il va insérer un bout de 3 mm à l’intérieur de la drisse sur toute la longueur autour du coinceur. En une heure le bricolage est réalisé, on va pouvoir tester. Par sécurité Valérie du SAV confie à Kookabura un bout de gaine Technora® si on a besoin de sur-gainer.

Après déjeuner on est prêt à quitter notre ponton de cette attachante petite ville et affronter les vagues prévues à la sortie de Port Mahon. Finalement nous prévoyons d’aller directement à Ibiza ou Formentera pour rejoindre les bateaux copains East-West, Salto et Apsara. On ne verra pas Majorque, encore une destination pour le retour ou bien une prochaine croisière.