Depuis notre arrivée aux Canaries, nous voulions vraiment visiter l’île de Lanzarote mais nos premiers mouillages ne nous l’on pas permis. Cette fois ci nous avons la bonne météo et un endroit qui nous permet de débarquer en toute sécurité. Nous avons réservé 2 petites voitures sur internet (Payless Car) pour la journée de mercredi 20 novembre. Magali a sélectionné quelques sites remarquables grâce au blog d’une voyageuse et elle a préparé un itinéraire d’une grande journée. Kalo, Lia et Zoé de Nausicaa vont se joindre à nous. Nous mettons donc le réveil à 7h30 afin d’être à 9h devant l’agence de location qui se trouve juste à côté du dinghy dock (quay Playa Blanca). Nous montons dans nos 2 petites voitures et nous sortons de la marina en direction d’Arecife.
Playa Blanca est une ville moderne avec des constructions de petits immeubles et maisons avec des centres commerciaux. Par contre le paysage autour est désertique, de la lave partout avec très peu de végétation, desséchée. De temps en temps on voit des champs noirs avec quelques cultures. Le ciel est couvert et le soleil pointe parfois entre les nuages mais la température est agréable (autour de 25 degrés).






Les crevasses de Las Grietas
Nous nous arrêtons sur le bord de la route pour notre première étape. (Nous n’avons pas vu le parking un peu plus loin). Puis nous traversons la route par les conduites d’évacuation des eaux de pluie. Comme il n’y a aucune indication on regarde où sont les gens qui se promènent dans la montagne. Nous découvrons rapidement une première crevasse formée par des eaux de pluie ? On peut remonter ces crevasses à pied. Elles ressemblent à des canyons américains mais très pentus. Nous explorons ainsi plusieurs crevasses plus hautes que nous. C’est très impressionnant et magnifiquement photogéniques.








Quand nous revenons aux voitures il y en a d’autres qui se sont garées derrière, ça va être compliqué de ressortir sur la route en contre-haut. Nous ramassons et assemblons des pierres plates pour combler la marche entre le bas-côté et la route. À 9 personnes l’opération est rapide et couronnée de succès. Nous pouvons reprendre la route en direction d’Arrecife. Après nous avoir déposés à la prochaine visite, Antoine fait un crochet par l’usine de gaz Disa pour remplir notre grosse bouteille de gaz avec du butane. Nous l’avions fini à Torrevieja mais nous n’avions trouvé aucun moyen de la recharger ou de l’échanger avant les Canaries.
Cesar Manrique le visionnaire
Nous visitons la Fondation César Manrique qui est l’ancienne maison créée par l’artiste. César Manrique est né à Lanzarote en 1919. Il fait ses études de peinture à Madrid. Après avoir voyagé dans différentes parties du monde, il s’établit en 1964 à New-York et côtoie les expressionnistes abstraits de Rothko et Pollock, le pop de Warhol … Il développe alors une activité plastique toujours orientée sur la matière et sur l’abstrait et les contrastes de couleurs.
En 1966 Manrique retourne s’installer à Lanzarote, il développe le concept Art Nature / Nature Art : il crée sa maison sur une coulée de lave et des bulles volcaniques où tout doit s’intégrer dans le paysage de lave noire et l’architecture autochtone blanche. Parallèlement il se bat contre le tourisme spéculatif qui commence à envahir les Canaries, il veut que son île conserve son habitat de maisons blanches et basses afin de préserver la vue sur la mer et les volcans. Il réussit à imposer un système de plan d’urbanisme strict d’intégration dans le milieu naturel jusqu’à aujourd’hui.
La maison que nous visitons reflète l’art et la philosophie de l’artiste : des murs blancs sur des jardins de lave noire. Les pièces sont spacieuses avec de grandes ouvertures sur la nature. On s’y sent très bien et joyeux. Nous regardons les œuvres, photographies et objets de l’artiste








Nous descendons alors un escalier creusé dans la lave et nous découvrons la deuxième partie de la maison : 5 bulles volcaniques sont aménagées en salons cosys et en piscine stylée. C’est vraiment magnifique !















Jardin de cactus au milieu d’un cratère
C’est déjà l’heure de déjeuner et nous allons deguster des sandwiches et pâtisseries dans une boulangerie locale. Le pain tout frais est trop bon.

Juste un peu plus loin nous arrivons au Jardín cactus qui a aussi été créé par Manrique. Il a rassemblé des cactus et plantes grasses du monde entier et a créé un cratère artificiel pour les présenter. Nous déambulons dans les allées et admirons les formes, couleurs, épines et fleurs de ses plantes si bien présentées. Un moulin surplombe le cratère avec son mécanisme encore intact. Ce jardin est très apaisant.


















Paysage de Star Wars dans une ancienne carrière (la Rofera de Teseguite)
Nous poursuivons notre tour par la découverte d’un lieu demi-naturel étonnant : la Rofera de Teseguite est une ancienne carrière de cendre volcanique. Les excavations laissées à l’abandon forment des paysages de décors de cinéma. On escalade les buttes et rentrons dans les creux comme les miniers de l’époque.








Teguise : un village authentique
Ensuite nous nous arrêtons dans le village de Teguise. On se dirait ans le décor du vieux film de Zorro. Des maisons blanches aux volets et portes peints en vert avec de larges rues, très peu de végétaux. Des gargotes avec quelques tables et une église construite avec des pierres de lave en partie recouverte de chaux blanche. Au détour d’une rue nous tombons sur un « musée » de l’Aloe Vera. Là plante est une des cultures des Canaries pour la fabrication de cosmétiques et de médicaments ou compléments alimentaires. Les feuilles du cactus sont simplement épluchées et la matière centrale gorgée de liquide est directement utilisée. Les canariens cultivent également les cactus raquettes pour y prélever les cochenilles et produire avec un colorant violet rose (E120) qu’on retrouve dans des aliments ou des teintures.





Al Campesino : une maison d’artisans
L’étape suivante est une grande maison conçue par César Manrique pour accueillir des artisans de tous les corps de métier. Malheureusement nous arrivons après la fermeture de la plupart, nous voyons seulement un atelier de chapeaux de paille. Mais l’architecte est très belle et le lieu paisible. Il y a à nouveau un escalier circulaire qui descend dans une grotte de lave. Les couleurs restent identiques à la charte graphique de l’île : noir, blanc et vert.






Il est déjà 17h et nous sentons une petite fatigue chez les enfants. Nous décidons de ne pas faire la petite randonnée sur le volcan Montana Negra. J’avais choisi ce volcan car la balade est la plus courte, mais si vous venez vous avez le choix parmi 300 volcans ! Sur la route du retour pouvons comme même admirer certains volcans et leurs coulées de lave différentes : lisse ou projetée.


Des vignes adaptées au climat aride
Notre dernière découverte de la journée est la culture de la vigne dans la vallée de la Geria. Comme on vous le raconte depuis le début Lanzarote est très aride et balayé par les vents desséchants, donc l’agriculture est très difficile. Les viticulteurs ont trouvé une technique originale pour leur vigne : chaque pied de vigne est planté au fond d’un large trou et parfois protégé en plus d’un muret du côté du vent, la plante récupère ainsi l’eau de la rosée et ne se dessèche pas. C’est très économe en arrosage mais on imagine la fatigue de la récolte à force de monter et descendre les trous. Le paysage de la vallée est ainsi constellé de trous noirs avec quelques feuilles vertes au milieu.




Repos d’après marathon
Nous rentrons de notre grande balade au crépuscule. Nous pouvons rendre directement les voitures au bureau de location. Mathilde et Martin ont encore assez d’énergie pour jouer à l’aire de jeux avec Zoé. Avec les autres nous rentrons au bateau avec notre bouteille de gaz remplie… au moins 25kg à porter ! Nous arrivons à tout rebrancher correctement, nous aurons ainsi une solution de cuisson pour quelques mois. (En dépannage nous utilisions la petite bouteille de 3kg de Camping Gaz du barbecue qui est plus facile à trouver mais bien plus chers)
Ce soir tout le monde n’aura pas de problème pour s’endormir.
Jeudi 21 novembre nous reprenons l’école tranquillement et nous nous préparons pour naviguer vers Gran Canaria. Pour le goûter nous allons déguster une dernière gaufre et glace à la marina pendant qu’Antoine s’acharne sur son problème de girouette. Nous levons l’ancre à 19h pour une nuit et une demi-journée de navigation.




Nous avons été émerveillé par notre visite de Lanzarote et les oeuvres de César Manrique, il y en reste encore à découvrir mais c’est le moment de continuer notre route.


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