Transat J1 – Mise en jambes

Après tous les préparatifs qui se terminent vers 16h ce dimanche 8 décembre, nous faisons un bon briefing familial pour s’assurer que tout l’équipage est prêt à y aller. Antoine dessine le plan du trajet sur le tableau blanc, abondamment illustré par Martin et Mathilde ensuite.
Arthur a très envie de réaliser cet exploit de traverser l’Atlantique. Martin et Mathilde ont envie de bouger. Alice forcément est inquiète à cause de son expérience de nausée persistante mais finalement consent au départ aussi.
Magali veut enchaîner après les préparatifs et le capitaine veut passer à l’action. Nous décidons donc de quitter Las Palmas dès ce dimanche en fin d’après-midi.
Le gennaker est déjà à poste, il ne reste qu’à larguer les amarres et installer la dernière version d’iOS sur la tablette d’Alice, celle avec les points qui bouge quand on est dans un véhicule pour limiter la nausée en donnant un repère visuel du mouvement. Nous espérons que ça sera un élément qui aidera à limiter les effets des vagues sur son organisme…
À 16h30, nous quittons notre emplacement dans le calme, salués par les quelques connaissances que nous avons liées sur le ponton pendant cette dernière semaine de préparatifs. L’équipage d’Apsara vient nous saluer en annexe et nous passons les feux de la marina. La grand voile est hissée à l’abri de la digue du port et le gennaker déroulé une fois les premiers cargos et autres tankers au mouillage laissés dans notre sillage. Nous filons à environ 8nds dans le vent de NNE en nous éloignant progressivement de la côte pour éviter l’accélération du vent le long de la partie la plus large de Gran Canaria. Elle peut être violente, jusqu’à +15nds alors que nous n’en avons que 15.
Peu de bateaux sont de sortie. La plupart de ceux qui traversent vers le Cap Vert ou les Antilles sont partis ce matin. Nous croisons quelques cargos car nous passons le long du dispositif de séparation du trafic entre Gran Canaria et Fuerteventura.

Vie à bord

À bord, les enfants se reposent. Martin et Mathilde lisent dehors ou dans le carré, Alice somnole dans le cockpit sous une couverture. Arthur profite des dernières minutes de connexion pour regarder une émission de jeux vidéos. Magali et Antoine finissent les dernières tâches qui demandent de la connexion : prévenir la famille du départ, organiser le blog pour la traversée (merci Cédric !) et prendre les derniers conseils pour la voilure à adopter (merci Marc !).
Au bout d’à peine 3h, le vent a forci et nous avons environ 20nds de vent avec des rafales à 23-24 voire plus. Nous commençons par prendre un ris dans la grand voile. Puis, il semble qu’il est temps de rouler le gennaker. Pendant qu’Antoine se pose la question, la drisse glisse d’un coup dans le bloqueur sur quelques mètres (encore ! Malgré le sous-gainage refait à Torrevieja) et le gennaker a failli partir à la mer… heureusement nous réussissons tous ensemble à retendre la drisse, récupérer la contre-écoute qui s’est glissée sous la coque et l’enrouler proprement pour la nuit.
Le bateau est un peu plus calme sous Solent et nous dînons des restes de pizza d’hier soir et des lasagnes préparées par Magali ce matin. L’équipage est plus ou moins nauséeux quand même et chacun ne tarde pas à se rallonger.
Nous baissons les deux tables, celle du carré et celle du cockpit. Les grandes banquettes permettent à Alice Martin Mathilde et Antoine de s’allonger pendant qu’Arthur et Magali vont dormir jusqu’à leurs quarts dans la cabine arrière tribord.
Alice et Antoine écoutent un podcast pendant que Martin et Mathilde lisent.
Puis Mathilde, puis Alice vont se coucher dans leur cabine. Antoine réveille Arthur à 22h et se couche pour dormir avant son quart de 4h.

Première nuit stable mais agitée

Le vent est orienté NE. Nous continuons de nous dégager de la côte en tirant vers le sud jusqu’au quart d’Antoine. C’est un long bord bâbord amure avec la mer d’environ 1,5M mais assez courte venant 3/4 arrière et environ 20nds de vent. C’est un peu rock’n’roll à l’intérieur car les vagues défilent sous la coque, en claquant parfois sous la nacelle. Le bateau alterne entre les surfs à 10-12nds et les temps de ralenti à 6nds en fonction des vagues. En plus, nous sommes en plein sur la trajectoire des cargos donc il nous faut veiller un peu plus activement que nous pourrons le faire plus tard. Vers 4h Antoine constate pendant son quart que la réparation du hublot des toilettes n’est manifestement pas suffisante. De l’eau rentre encore, moins mais assez pour mouiller les fonds si on ne s’en occupe pas. Vers 7h, il resserre les boulons sans oser trop forcer pour ne rien casser, ce qui serait pire.
Comme d’habitude, Mathilde est la première réveillée, puis Magali puis Martin. Les petits-déjeuner s’échelonnent. Pendant ce temps, Antoine télécharge les fichiers météo. La route est peu claire, entre un routage général qui propose d’aller flirter avec une dépression qui va naître à l’ouest des Canaries et la route du Sud qui est plus « sûre » mais risque d’être barrée par une zone de calmes après le Cap Vert pendant un ou deux jours. Il faut aussi éviter une zone de pluie à l’ouest de la route qui descend vers le Cap Vert. Nous devrions donc rester plutôt proche d’une sorte de route vers le NW du Cap Vert pendant les 4 prochains jours.
En attendant, nous hésitons à dérouler le gennaker parce que le vent semble avoir faiblit en dessous de 20nds mais finalement le temps de se préparer à le faire il est reparti à la hausse et nous restons avec le solent.

Première journée d’amarinage

Pendant qu’Antoine dort après son quart, Arthur et Alice émergent de leur cabine vers 12h30, bien reposés par une longue nuit et plus en forme que ce à quoi nous nous attendions ! Chacun grignote un petit déjeuner et s’installe sur une des banquettes pour lire ou regarder une vidéo. Nous sommes dans la période d’adaptation à la mer que nous avons plus ou moins prévu pour les 48 premières heures et le but est de rester en forme, bien manger, bien boire et éviter le mal de mer.
Magali va se coucher vers 13h quand Antoine émerge de sa sieste matinale. Nous mettons 5 parts à chauffer dans le four des délicieuses lasagnes préparées avant le départ par Magali et déroulons le gennaker vers 14h car le vent a faiblit autour de 15nds et nous déjeunons. Les garçons autour de la table intérieure et les filles chacune sur leur banquette dehors.

Vers 15h, Magali émerge et reprend le quart. A 17h, nous avons parcouru 180MN depuis le départ et il en reste environ 2740 jusqu’à Union Island par la route du Sud. Cette première journée a dans l’ensemble été plutôt tranquille malgré la mer creuse et plutôt courte pour l’Atlantique. Nous prenons le temps de nous y faire. Merci pour toutes les pensées que vous nous envoyez, elles nous accompagnent !

2 réponses à « Transat J1 – Mise en jambes »

  1. Avatar de maximilienpetitgenet
    maximilienpetitgenet

    Bon vent ! On pense bien à vous !

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  2. Thank you for the news :o)) bravo pour ce depart xx Stephanie

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