Saison 4 Ep 5 : Escapades en Martinique

Grand Pa et Chantal viennent nous voir en Martinique puis en Guadeloupe du 30 janvier au 13 février. Ils ont loué une petite maison à Sainte Anne. Nous allons pouvoir découvrir l’île ensemble.

Leur avion arrive à 18h mais, le temps qu’ils récupèrent leur bagages et leur voiture de location, on ne les retrouve que vers 21h à Sainte Anne. Ils sont directement dans le bain du rythme antillais. Nous les rejoignons à terre pour boire un rhum de bienvenue. Puis ils vont vite se coucher, épuisés par le voyage et le décalage horaire.

Randonnée sur la Trace des Caps

Vendredi 31 janvier 2025, nous nous retrouvons à 9h30 pour marcher sur la Trace des Caps. C’est un chemin de randonnée de 34 kilomètres de l’ONF qui longe la côte sud depuis l’anse Caritan près de Sainte Anne jusqu’à l’anse Macabou au sud du Vauclin. Nous n’allons faire qu’un petit bout, depuis l’anse Meunier jusqu’à la plage des Salines. Après quelques kilomètres en roulant prudemment sur une piste défoncée et inondée, nous nous garons sur le parking de la plage et nous nous équipons de chaussures ou sandales de randonnée sans oublier les maillots de bain, les gourdes et le bâton de marche de Martin (offert par Eliot). Nous prenons le sentier qui serpente le long de la mer. Nous sommes toujours à couvert des arbres de la forêt ou de la mangrove, heureusement car le soleil tape déjà. Nous passons par le cap Catherine avec son petit oratoire, la vue est dégagée vers le Diamant. Nous continuons jusqu’à la plage des Salines. Il est presque midi et nous nous décidons pour déjeuner dans une paillote avant que la foule n’arrive. « Chez Henri », la plus réputée est complète ! Alors « Chez Suzette » nous accueille avec accras et jus ou planteur, nous dégustons les grillades de viande et de poisson. Après ce déjeuner typique nous revenons sur nos pas. De retour à l’anse meunier nous nous baignons dans cette eau délicieusement chaude, une petite pluie ne nous refroidit même pas !

Le soir nous allons visiter la maison louée par Grand-Pa et Chantal à Sainte Anne. Elle est très bien aménagée, on peut y manger à 8 et il y a même un jacuzzi. Les enfants s’y prélassent avant de diner.

Capitale, trésor et rhum

Samedi 1 février nous mettons le cap vers le nord ouest de l’île en voiture. Nous voulons voir l’intérieur de la cathédrale et de la bibliothèque que nous avions raté la semaine précédente. Il nous faut une bonne heure pour atteindre Fort de France mais nous arrivons à temps pour admirer la salle de lecture de la bibliothèque Schoelcher. C’est une très belle structure en métal qui a été créée pour l’exposition universelle de Paris et qui a été déplacée à Fort de France pour abriter la collection de monsieur Schoelcher, défenseur de l’abolition de l’esclavage. Les enfants trouvent directement le rayon BD et s’installent par terre pour lire. Nous avons bien du mal à les extraire pour aller voir la cathédrale.

Nous nous dirigeons à travers les rues où des immeubles délabrés jouxtent de très jolies constructions. C’est très hétéroclite. Nous arrivons à la cathédrale qui est enfin ouverte. L’intérieur est coloré et aérien avec sa fine structure métallique. Cela ressemble à la bibliothèque et c’est bien normal car c’est le même architecte, Pierre-Henri Picq.

Nous déjeunons sur la place de la cathédrale de pizza, salade et burger. C’est bon mais c’est long… À 14h nous avons rendez-vous pour un escape game en extérieur à Schoelcher. Un aventurier a disparu, il va falloir retrouver son journal et son amulette grâce aux indices dissimulés dans le jardin et son abri. Grâce à nos 8 cerveaux nous avons réussi toutes les épreuves et découvrons à temps le trésor. C’était un super moment où chacun a pu participer !

Nous faisons un crochet vers l’habitation Clément, célèbre distillerie de rhum. En Martinique une habitation est un domaine agricole. La famille Clément est à la tête de cette grande exploitation de canne à sucre datant du XVIIème depuis le XIXème siècle. Dans les anciens bâtiments nous découvrons le process de la fabrication du rhum agricole. Par opposition au rhum industriel, fabriqué a partir de la mélasse, sous produit voire déchet de la fabrication du sucre, le rhum agricole est fabriqué directement à partir du jus de canne à sucre. Après fermentation et distillation qui produisent le rhum blanc, la maturation des rhums vieux se fait en fûts de chêne empilés dans de grands hangars.

Tout autour, de beaux jardins encadrent la maison de maître au style colonial.

Nous finissons bien sûr la visite par une dégustation des spécialités alcoolisées de la maison. Nous découvrons la crème de rhum vieux à la saveur doucelette coco.😋 Nous repartons bien chargé de bonnes bouteilles.

Le jardin de Balata

Au programme de ce dimanche 2 février, visite du jardin de Balata. C’est un jardin paysager créé il y a 30 ans dans la maison familiale d’un paysagiste martiniquais. Il nous faut une heure et demi pour atteindre l’entrée du parking après une bonne grimpette dans la montagne. Grand-Pa, faute de réseau, s’est perdu dans les routes escarpées. Mais nous nous sommes bien retrouvés et nous commençons la visite par la maison entourée de colibris. Ils battent des ailes si vite qu’on a du mal à les photographier.

Les premières allées font la part belle aux broméliacées : ce sont des plantes qui s’accrochent aux troncs ou branches pour capter la lumière en hauteur. Elles ont des racines aériennes pour capter l’eau ambiante. Ici elles sont présentées sur des bouts de troncs plantées dans le sol. Il y en a de toutes les couleurs. Les feuilles sont proches de l’ananas ce qui est normal car l’ananas fait partie de cette famille.

Nous continuons par les allées de palmiers : de nombreuses espèces y sont rassemblées dont certaines endémiques de la Martinique. Nous déambulons autour d’étangs aux nénuphars bordés de plantes tropicales luxuriantes. L’ambiance est au calme et à l’apaisement.

Les fleurs tropicales aux couleurs éclatantes égayent la verdure. Le paysagiste a joué aussi sur des feuilles à textures étonnantes . On en prend plein les yeux.

Dans ce jardin il y a aussi toute une balade dans les arbres. Nous parcourons les passerelles dans la canopé pour prendre de la hauteur.

Un passage à l’aire de jeux et il est bien l’heure de déjeuner. Le restaurant du jardin est complet alors qu’il est 13h30. Il n’y a rien pour manger à proximité alors on reprend les voitures direction Fort-de-France dans l’espoir de trouver quelque chose. Magali trouve un établissement qui nous acceptent à 8 et qui ferme à 14h30. Hourra! Quand nous arrivons au restaurant « Lili en ville » notre table est déjà dressée et des serveurs souriants nous y attendent. La déco est sympa et le brunch est absolument délicieux avec des produits locaux ! Super découverte !

Randonnée sur la Presqu’île de la Caravelle

Lundi 3 février nous nous donnons rendez-vous à 9h30 pour randonner au nord-est de l’île dans la réserve naturelle de la presqu’île de la Caravelle. Mais cette fois, pour nous assurer de déjeuner à l’heure, nous optons pour les sandwiches de la boulangerie de Sainte Anne. Nous longeons toute la côte est jusqu’à Tartane. Quand la route s’arrête nous nous garons et nous continuons à pied. Sur le large chemin du départ nous avons une belle vue sur la presqu’île. Puis nous atteignons la forêt et prenons le chemin du petit tour. C’est ombragé et très bien aménagé. Nous descendons dans la forêt et atteignons la mangrove. Sur les passerelles, nous surplombons les palétuviers et les crabes. Un petit ponton débouche sur la mer. Nous prenons notre pique-nique sous un carbet au milieu des petits oiseaux qui s’intéressent à nos miettes. Bien rassasiés nous remontons dans la forêt.

Nous finissons par la découverte du château Dubuc. Il ne reste plus que des ruines d’une exploitation de sucre et café du 18eme siècle (qui n’a fonctionné « que » 50 ans. Grâce à un audio guide, nous découvrons comment on fabriquait le sucre et le café grâce à la main d’œuvre des esclaves. Pendant les averses, nous veillons à nous tenir à l’écart des Mancenilliers dont la sève est dangereuse.

Sur le chemin du retour un arrêt par un camion de glaces et jus artisanaux et locaux délicieux s’impose. Ça fait vraiment du bien de finir cette balade ensoleillée par ce rafraîchissement !!

Nous rentrons chez Grand-Pa et Chantal et nous nous affalons dans les canapés ou plongeons dans le jacuzzi pour reposer nos muscles. Comme il y a 5 heures de décalage horaire avec la France, à 19h se sera déjà le 4 février français le jour de l’anniversaire de Magali alors on peut faire un dîner d’anniversaire 😉 . Grand-Pa avait tout prévu avec foie gras et du Montbazillac rapporté du Lot et complété par des feuilletés de lambi et langouste et en dessert des gâteaux de la bonne boulangerie de Sainte-Anne. Quel festin d’anniversaire !

Remâtage et raclette

Mardi 4 février c’est repos dans les visites car nous avons rendez-vous à 13h30 pour reposer le mât. Avec une heure de retard, le mât est remis en place. Pendant l’attente prolongée devant la grue, nous heurtons avec un safran quelque chose sous l’eau… Il faudra vérifier ça au prochain mouillage où nous pourrons nous baigner. Puis nous allons au ponton au fond du port pour qu’ils remettent les haubans, l’étai et rebranchent les câbles. Malheureusement ils ne font que commencer, ils devront finir le lendemain.

Ça tombe finalement plutôt bien car nous avons réservé au restaurant le Double V à la marina du Marin pour un deuxième dîner d’anniversaire. On est comme même en février alors ce soir c’est raclette et pain perdu !

La savane des esclaves

Mercredi 5 février, Antoine et Arthur avaient prévu de rester au bateau car nous pensions que les travaux seraient terminés le matin et qu’ils devraient déplacer le bateau. Cependant à 9h les travaux ne redémarraient toujours pas. Antoine discute avec le chantier qui indique que ça va encore prendre la journée. Alors nous pouvons partir tous ensemble visiter la Savane des esclaves. C’est un lieu construit par Ti Gilbert qui retrace le peuplement de la Martinique et l’histoire de l’esclavage. Tout d’abord c’est le peuple Arawak qui arrive d’Amazonie. Ce sont des chasseurs-cueilleurs pacifiques. Puis débarquent les Caraïbes qui sont beaucoup plus belliqueux et exterminent les hommes Arawaks pour s’installer au leur place. Certains expliquent que les Caraïbes « aimaient le conflit » et que les querelles générées avec les arawaks, qui ne l’aimait pas (le conflit) auraient entraîné plus ou moins la mort de tous les hommes arawaks. Les Caraïbes auraient donc « gardés » les femmes ce qui auraient entraîné le premier des nombreux brassages ethniques qui ont eu lieu en Martinique au cours des siècles.

Au 16eme siècle des colons français débarquent au nord de l’île. Les Caraïbes acceptent qu’ils s’installent à saint Pierre. Pour cultiver le tabac les colons font venir des normands et des bretons contre la promesse de leur donner une parcelle de terre au bout de 36 mois de travail convenable. Mais les conditions sont tellement dures que beaucoup meurent avant les 36 mois, c’est déjà le début de l’esclavage.

Les colons développent ensuite la culture de la canne à sucre. Ils ont besoin de beaucoup de main d’œuvre et c’est alors qu’ils vont chercher des esclaves en Afrique. Jusqu’à l’abolition de l’esclavage en 1848 ce sont donc des africains et des mulâtres qui peuplent l’île.

Après abolition de l’esclavage, les colons font venir des indiens et des chinois, à nouveau en leur promettant des terres en échange de leur travail (on revient à l’esclavagisme des normands et bretons du début…).

À la savane des esclaves, des cases ont été reconstituées pour nous montrer les différents habitats de tous ces peuples avec des statues qui les représentent. Il y a aussi toutes les plantes traditionnelles de l’alimentation et de la médecine.

Nous faisons également la découverte de la fabrication du bâton de chocolat traditionnel en concassant des fèves torréfiées dans un gros pilon. Il ne faut pas s’arrêter de taper pour que la température s’élève par frottement et permette que beurre de cacao contenu dans les fèves fonde et forme une pâte. Ensuite il faut rouler cette pâte dans une feuille de bananier pour faire un bâton. Au bout de 24h de séchage on peut râper ce bâton pour avoir du chocolat 100%. Nous avons la chance de récupérer ce bâton de démonstration à la fin de l’atelier.

Nous déjeunons sur place à base de produits locaux : jus de fruits frais, acras et crêpes à la farine de manioc puis sorbet aux fruits. Tout est fait avec la production du jardin. Délicieux !

Au retour les travaux ne sont toujours pas finis. Nous restons au ponton. Antoine offre à Magali un spa et massage en duo pendant que les enfants passent la dernière soirée et nuit chez Grand-pa et Chantal. Ils profitent du jacuzzi avec délectation.

Jeudi 6 Grand-Pa et Chantal s’envolent vers la Guadeloupe. Nous espérons les rejoindre en bateau dès que les travaux seront finis.