Saison 4 Ep 9 : Guadeloupe – Marie Galante, Grande Terre et les Saintes

Nous revoilà en route vers la France : nous quittons la Dominique en direction de la Guadeloupe. Nous n’avons pas vraiment de plan de visite, nous allons faire en fonction de nos envies et nos rencontres.

Traversée Dominique – Marie Galante

Vendredi 21 février le réveil sonne à 7h, c’est un peu dur de se lever après notre grande escapade de la veille. Nous levons l’ancre à 8h en direction du nord, plusieurs bateaux à voile nous précèdent. Il y a peu de vent jusqu’à la pointe car les grandes montagnes coupe les alizés. Un monocoque part dans la même direction que nous alors que les autres bateaux vont plus à l’ouest sans doute les Saintes. Le vent contourne l’île et nous rattrape rapidement. Loela accélère d’un coup. La ligne de pêche se tend, Magali bloque le fil le temps de sortir de la zone de rafales. Antoine ralentit le bateau le temps que nous remontions la ligne. La ligne se détend, nous pensons que c’est une algue. Mais quand l’hameçon sort de l’eau, il s’avère qu’un poisson jaune est bien là. Cette dorade coryphène a du être assommée par l’accélération du bateau. Elle est facile à attraper. Nous la sécurisons à l’arrière du bateau le temps d’arriver à Marie Galante. Nous reprenons notre cap et Loela accélère franchement, nous semons le monocoque qui nous suit.

Des rencontres sur les plages de Marie Galante

Nous arrivons devant une grande plage de sable blanc, l’eau est d’un turquoise paradisiaque. L’anse Canot est remplie de bateau, nous préférons jeter l’ancre dans l’anse d’à côté. Antoine découpe le poisson à l’ombre d’un parasol. Un peu d’école et départ à la plage en paddle ou à la nage. Il s’avère qu’il y a une bande de rocher affleurant à 1 mètre de la plage, ce n’est pas facile d’aborder sur le sable. Nous profitons tout de même du sable doux.

Le lendemain matin nous nous avançons vers l’anse Canot qui s’est libérée. Nous sommes un peu plus à l’abri des vagues et la plage a l’air top. Nous y allons dans l’après-midi avec Martin et Mathilde et rencontrons 2 familles de bateaux français avec le même projet que nous et les enfants du même age que Martin et Mathilde. La famille à bord d’Erizo nous a bien reconnu car c’est le monocoque que nous avons dépassé hier matin. Les parents et les enfants partagent leurs expériences du CNED. C’est bien agréable d’être dans la même communauté.

De retour au bateau Magali fait une inspection de la coque et découvre un trou dans l’étrave !!! Normalement à cet endroit ça devrait être un bloc de résine compacte. Il y a du avoir une bulle au moment de la fabrication. Nous avons du toucher un petit objet entre la Martinique et ici, qui a fait éclater la bulle. Antoine procède au rebouchage avec de l’Epicol, grâce à notre cours sur le safran. Il va falloir réparer plus en profondeur …

Dimanche 23 nous décidons de rester une journée de plus ici pour retrouver les bateaux copains à la plage. Dans l’après-midi, les enfants jouent dans les vagues ou sur le sable, Alice va nager à la recherche de poissons peu visibles et Arthur s’incruste dans une partie de beach volley de jeunes locaux. En début de soirée la plage se vide et nous faisons un volley avec les 3 bateaux copains. Nous finissons par un apéro au rhum local du Père Labat (59° ça fait mal à la tête). Nous finissons le week-end par la suite de Pirates des Caraïbes.

Retrouvailles avec Ilo à Saint François

Lundi 24 février départ vers Saint François où Ilo est arrivé de transat. Nous naviguons rapidement en surveillant attentivement les bouées de pécheurs qui parsèment le chemin. Nous rentrons dans la passe entre 2 parties de récif, les vagues sont impressionnantes avant de se calmer d’un coup à l’intérieur du lagon. La profondeur du lagon diminue rapidement quand on s’éloigne du chenal et nous cherchons un endroit assez profond pour être tranquille mais pas trop près des autres bateaux. Nous déjeunons à bord car il y a tellement de vent que nous ne voulons pas quitter la surveillance de l’ancrage. Avec les rafales de vent nous serions bien rincés dans l’annexe aussi. Nous n’avons pas envie de refaire 2h de navigation vers un mouillage plus protégé alors nous demandons au port s’il y a une place pour nous.

Nous avons de la chance, il y a justement une place pour une nuit juste derrière Ilo. Nous levons l’ancre en surveillant la profondeur et nous nous dirigeons dans le chenal du port. L’eau est très sale mais l’accueil du marinero est parfait. Il nous aide à nous amarrer au quai devant la capitainerie. Nous sommes heureux de retrouver Ilo. Ils nous font découvrir un glacier artisanal qui fait aussi ses cornets lui-même. Un délice que nous partageons tous les 10. L’après-midi Magali part faire les machines à la laverie du village, Antoine fait du matelotage avec Fred en discutant voile, Mathilde va à la plage avec Audrey, Titouan et Charline. Le soir c’est apéro sur Ilo pour déguster la bouteille de champagne de fin de transat. L’apéro a été copieux et nous n’avons faim que pour une crêpe sucrée à la crêperie bretonne du port. Les parents finissent avec une tisane à bord d’Ilo et se racontent leurs vies de parents sur l’océan.

Mardi 25 février Magali part dès 9h faire les courses au Super U et au primeur local tout proche du port. C’est bien pratique pour refaire les fond de cales en prévision des îles désertes ou peu approvisionnées des BVI et Bahamas. Nous déjeunons de hamburger maison avant de dégager le ponton à 14h.

Escale à la marina de Pointe à Pitre

Nous mettons le cap vers la marina de Pointe à Pitre où nous avons réservé une nuit. Nous allons enfin pouvoir récupérer le colis laissé par Kookaburra avec des pièces de rechange. Cela fait plusieurs mois que nous n’arrivons pas à les rattraper, ils ont toujours un système météo d’avance sur nous. La navigation au portant est rapide, nous arrivons à 17h. Il faut s’amarrer arrière au quai et le marinero nous aide à passer des amarres dans la bouée de devant. Nous nous branchons au ponton : l’électricité marche mais pas l’eau (apparemment il y a des grèves et l’alimentation en eau est aléatoire). Dommage qu’on n’ait pas de système pour récupérer l’eau de pluie car il pleut averse. Alice et Magali se lancent dans un atelier couture : pour Noël Alice avait choisi du tissu pour confectionner un sac. Elle a trouvé un tuto YouTube et maintenant nous passons à la réalisation.

Mercredi 26 février nous récupérons le colis au bureau du port et faisons les machines de draps et serviettes à la marina. Antoine va faire les magasins d’accastillage sous des trombes d’eau : il trouve un nouveau moulinet pour la canne à pêche et des pièces pour Fred d’Ilo. Nous nous sommes aussi rendu compte qu’un joint du capot de moteur est ouvert, Antoine cherche la pièce en vain. Le SAV Outremer va nous en envoyer une par la Poste. A midi il pleut toujours et nous ne sommes pas motivés pour partir mais le port ne veut pas nous laisser une nuit de plus. Nous partons donc vers le Gosier tout proche, nous y allons même au moteur. Nous nous retrouvons avec 3 autres Outremer : Ilo, Oxane et Mathilda.

Pendant que certains font de l’école, Antoine et Martin vont sur Ilo. Les parents papotent et les enfants jouent. Le soir nous faisons un apéro sur l’îlet du Gosier avec 5 catamarans familles : 10 parents et beaucoup d’enfants qui jouent sur une île rien que pour nous … c’est super la vie avec des copains !

Découverte des Saintes avec Ilo

Jeudi 27 février c’est le départ des Outremer : Mathilda remonte faire le tour de la Guadeloupe puis les 3 autres se donnent rendez-vous aux Saintes. Nous partons en premier, Ilo nous suit juste après et ensuite ce sera au tour d’Oxane. Le vent est faible et nous voulons arriver assez tôt pour avoir une chance de prendre une bouée disponible. Nous sortons le code zéro pour augmenter la « propulsion avant ». Ilo qui est un petit peu plus long que nous avec des voiles plus grandes nous dépasse. Sur le trajet Antoine et Arthur montent le nouveau moulinet sur la canne à pêche puis tentent de pêcher. A l’arrivée, nous apercevons une bouée disponible, nous nous amarrons dessus assez facilement grâce à notre gaffe attrape crochet. (Nous peaufinons la technique à chaque bouée). Malheureusement nous avons oublié de remonter la ligne de pêche et bien sûr elle s’emmêle dans l’arbre et l’hélice du moteur. Antoine plonge pour couper et démêler tout ça. Après déjeuner nous nous faisons déloger de notre bouée. Nous allons un peu plus loin rejoindre Ilo au mouillage du Pain de Sucre. Oxane arrive aussi et se met derrière nous. C’est pratique pour l’apéro sur Oxane où nous nous retrouvons tous.

Vendredi 28 février nous partons du bateau à 9h du bateau pour visiter le fort Napoléon sur Terre de Haut. Nous amarrons l’annexe au ponton et retrouvons l’équipage de Ilo : Fred, Audrey Titouan et Charline. Il nous faut une demi-heure de montée au soleil pour atteindre le sommet du mont où a été construit le fort Napoléon, la vue sur la baie et les iles est magnifique. Le fort est à présent géré par une association qui n’ouvre le bâtiment que le matin. Nous optons pour une visite guidée avec Nathan. L’extérieur des fortifications est aménagé en un jardin plutôt sec car étonnamment le climat n’est pas aussi tropical qu’en Guadeloupe, on se croirait plutôt sur une ile de méditerranée. Le fort Napoléon a été commandité par l’empereur Napoléon Ier mais finit sous Napoléon III. Cependant il n’a jamais eu de fonction militaire car fini trop tard, il a seulement servi de prison pendant la deuxième guerre mondiale. Par contre la citerne du fort a toujours été utilisée par les habitant de l’île avant le raccordement à la Guadeloupe. Les différentes pièces présentent maintenant l’histoire des Saintes. Dans la première salle Nathan nous explique la géographie de l’archipel des Saintes. Il y a 2 îles principales et habitées : Terre de Haut et Terre de Bas (on note que les français n’ont pas eu beaucoup d’imagination pour nommer les lieux). Les blagues de Nathan rendent la visite captivante pour les petits et les grands. La deuxième salle présente l’habitat traditionnel. Les maisons sont en bois avec les couleurs françaises obligatoires les murs bleu et blanc et la toiture en tôle rouge. La cuisine se trouve toujours à l’extérieur des habitations pour éviter les incendies. Dans la troisième salle nous découvrons l’activité principale des saintois : la pêche. Ils pêchaient poissons et lambis sur des sortes de barques à voile. Le chapeau traditionnel ressemble un peu à un chapeau asiatique signe du métissage de la population depuis bien longtemps. Enfin la dernière salle nous fait vivre la bataille des Saintes de 1782. Les maquettes des bateaux français et anglais sont impressionnantes. Des cartes montrent la tactique des anglais qui a mené à leur victoire et à la saisie du vaisseau amiral le « Ville de Paris ». Bien fait pour eux le navire va sombrer quelques mois plus tard sur le chemin du retour vers l’Angleterre. C’est ainsi que les iles ont été un temps britannique puis elles sont redevenues français en échange du Canada.

Après cette plongée dans l’histoire il est déjà midi, nous redescendons vers le port à la recherche d’un restaurant. Nous choisissons au hasard le restaurant Le Génois avec vue sur mer et qui était rapide et délicieux. Nous goutons les poissons locaux de diverses manières : en brochette, en carpaccio et fumés.

De retour au bateau, nous nous reposons un peu. Pour le goûter nous dégustons la spécialité locale : le Tourment d’Amour. C’est un gâteau qui était préparé par les femmes en attendant que leur mari rentre de la pêche. C’est une tarte fourrée à la confiture de noix de coco, goyave ou ananas. Nous allons ensuite avec Martin et Mathilde découvrir les plages de chaque côté du rocher du Pain de Sucre. La deuxième plage de sable et cocotiers est bordée par une belle maison traditionnelle avec son ponton privé. Les enfants cueillent des plantes pour faire un herbier.

Samedi 1 mars nous commençons par refaire de l’école pour tous. Magali va faire un peu de snorkeling autour du bateau, de nombreux coraux palmettes recouvrent les rochers. Après le déjeuner nous levons l’ancre pour aller découvrir la côte ouest de Basse-Terre. Nous mettons les voiles en direction de Bouillante.

Cette première semaine en Guadeloupe nous aura permis de découvrir différentes îles de l’archipel mais surtout de rencontrer des copains … c’est exactement ce que nous cherchions : découvertes géographiques et humaines.