Après 9 jours de navigation depuis New York nous arrivons en vue de l’île de Faial, une des 7 îles principales de l’archipel des Açores. Ces îles volcaniques sont sur la jointure entre des plaques de la croûte terrestre. L’activité volcanique est toujours surveillée même s’il n’y a pas de volcan en activité. La dernière éruption importante date de 1957 où l’île a été agrandie de 2 km2 de cendres volcaniques à l’ouest, l’érosion de la mer a déjà tout déblayé aujourd’hui. Le port de Horta est un arrêt mythique pour les navigateurs de transat. Chacun peut peindre un souvenir de son passage sur les quais (il y en a même qui disent que ça porte malheur de ne pas le faire). Nous allons donc nous y arrêter quelques jours avant de repartir à l’assaut de l’océan.
Arrivée à Horta
Jeudi 17 juillet après-midi nous sommes tout proche de l’île de Faial et nous voyons à l’AIS des rassemblements de bateaux. Nous supposons que ce sont des excursions pour voir des baleines. Nous arrondissons nos bords pour les rejoindre et car nous espérerons apercevoir ces mammifères marins. Magali chausse les jumelles et s’installe dehors. Après une heure de veille nous apercevons quelques geysers : ce sont des souffles de baleines ! Nous de verrons qu’un petit bout de leur dos mais nous sommes tout de même admiratifs devant le spectacle. Nous contournons l’île par le sud pour arriver dans le port d’Horta. Les façades blanches et noires nous accueillent sous un joli soleil. À la VHF le marinero nous indique que les catamarans doivent mouiller entre le port des cargos et la marina.







Nous rangeons rapidement le bateau et mettons l’annexe à l’eau pour aller fouler la terre ferme. Nous allons faire les formalités d’entrée en Europe et déambulons sur le quai principal recouvert de fresques de bateaux passés avant nous. Nous repérons les peintures des bateaux-copains Asja et Nomade. La marina nous propose une place à couple d’un gros voilier le long du quai nord. Nous sommes bien tenté d’être tranquille au port ces prochains jours. Nous irons déplacer le bateau après dîner. Car nous voulons tester le bar mythique d’Horta le Café Sport tenu par Peter depuis 3 générations. Le bar est décoré par les drapeaux de nombreux bateaux de passage. Nous dégustons la bonne viande de l’île sur la terrasse avec vue sur les bateaux et sur l’île Pico en face avec son grand volcan.







Vendredi 18 juillet nous profitons du calme du port pour un repos bien mérité. En effet quand nous naviguons nous sommes ballottés par les vagues mais nous subissons aussi en continu le bruit du vent et de l’eau contre les coques. Après le déjeuner Antoine et Magali se lancent dans le nettoyage au Karcher du bateau et des coussins. Une bonne couche de sel avait tout recouvert. Ensuite Magali et Alice vont faire 3 machines à la laverie. Nous découvrons ainsi une partie de la ville avec ses églises en pierre volcanique noire et les murs blanchis à la chaux. Les trottoirs sont faits en galets noirs et blancs agencés en motifs géométriques ou figuratifs (voiliers, soleil, baleines, poissons…). Nous assez surpris de constater que la ville est très peu peuplée : beaucoup de boutiques et restaurants fermés et très peu de touristes. Nous devons être un peu tard dans la saison des voiliers.





Samedi 19 juillet dans l’après-midi nous allons randonner sur le volcan de Monte Da Guia au sud de Horta. Nous longeons le port puis la route jusqu’à l’ancien usine de transformation de la pêche à la baleine. Nous prenons un petit sentier qui grimpe à flanc de montagne. Parfois se sont même des escaliers que nous devons gravir sous les petits arbres. Mais les vues sur la ville d’Horta, la plage de Porto Pim et la côte ouest de l’île valent le détour.













En haut de la montée une chapelle blanche et noir marque le point culminant du sentier. Devant nous s’ouvre le cratère de l’ancien volcan Guia. Nous le longeons, faisons une petite pause goûter et redescendons dans les hautes herbes le long de la mer. Nous finissons la balade en marchant le long de la plage de Porto Pim. Nous rentrons au port par les petites rues et nous arrêtons pour une glace bien méritée chez Gelados do Atlantico qui fait des glaces artisanales et n’a plus beaucoup de variété le soir (pourtant nous sommes samedi en fin d’après-midi !)













Dimanche 20 juillet ce matin le temps est nuageux, c’est parfait pour monter au mât pour un contrôle du gréement par Antoine, Magali lave toutes les housses de coussins intérieurs à la main (elle profite de notre branchement à l’eau et à l’électricité du port).




L’après-midi nous allons nous balader au nord d’Horta jusqu’au parc. Nous faisons un premier arrêt à la laverie pour une machine de coussins. Nous déambulons dans les petites rues pavées et bordées de maisons noires et blanches avec des balcons en ferronnerie. Nous passons devant le marché couvert (fermé le dimanche) et faisons une petite pause dans le square d’à côté. Un joli kiosque rouge trône au centre d’un mignon jardin. Nous continuons jusqu’après l’embarcadère des ferry, où un petit parc rassemble les familles autour d’une belle aire de jeux. C’est le dimanche des goûters d’anniversaire pour les habitants. Nous nous reposons dans l’herbe pendant que Martin et Mathilde grimpent dans le bateau pirate et redescendent les toboggans. La ville est tellement tranquille que nous laissons Martin et Mathilde rentrer seuls au bateau (un autre avantage du port) pendant que les parents vont récupérer la lessive. Il est déjà l’heure de se préparer pour aller au restaurant que nous avons réservé. Nous sommes sûrs que le menu plaira à tous : grillades de viande et poisson sur pierre chaude 😋.












Lundi 21 juillet nous avons la mission de réaliser la peinture de notre passage. La première étape est le repérage de la zone, Karcher pour dépoussiérer et peinture du fond à la bombe bleue. Demain nous pourrons faire le dessin.
Magali va faire des petites courses au marché. Martin et Mathilde ne se lassent pas de jouer au playmobil, pour une fois que les vagues ne font pas valser leur monde. La table du carré s’est transformé en plateau de jeu pendant quelques jours !

En faisant un contrôle du pilote automatique Antoine coince l’écrou au milieu du boulon. Catastrophe ! Le pilote est un vérin hydraulique qui pousse ou tire sur le safran en fonction des paramètres que nous lui donnons. En cas de blocage du pilote Antoine voulait avoir la possibilité de déconnecter le vérin du safran. Malheureusement la boule de connexion s’est complètement grippée sur le boulon de fixation au safran. Antoine essaye alors de dévisser l’écrou du boulon de fixation pour pouvoir désolidariser le pilote. Et c’est là que de manière incompréhensible l’écrou s’est complètement coincé. Il est trop tard en France pour demander conseil à Outremer. Mais nous ne pouvons pas naviguer en l’état. Malgré tout nous trouvons l’origine du bruit du pilote automatique que nous avions depuis deux semaines : juste l’autre fixation du pilote qui bougeait un petit peu sur son support. Antoine arrive à le revisser sans problème.

En début de soirée nous avons rendez-vous téléphonique avec le routeur pour la suite de la transat : l’anticyclone des Açores est en train de remonter vers le nord et envoie du vent du nord et est sur toute la zone. Des conditions qui ne sont pas favorables car elles impliquent plusieurs jours de près dans du vent fort et une mer formée jusqu’à presque 3M, allure inconfortable au possible. Il n’y a aucune visibilité sur des conditions favorables dans les 15 prochains jours et cette situation peut très bien durer tout l’été. Nous ne pouvons pas attendre aussi longtemps car la rentrée à l’école n’attendra pas. La moins pire fenêtre météo sera un départ le 23 juillet … si Antoine répare le pilote.
Mardi 22 juillet Antoine répare la fixation du pilote automatique grâce aux appels des copains et du fournisseur : Dévissage de l’écrou au maximum au prix de gros efforts et plusieurs ampoules aux mains. Scie du boulon puis vissage d’un nouvel écrou enduit de frein filet. Douche et sieste.
Pendant ce temps nous faisons tous la peinture de notre fresque. Le dessin est une idée originale d’Alice. Le nom du bateau et l’année sont peints par Alice, Mathilde et Magali, la vague par Alice, le bateau par Mathilde et Magali (avec l’aide de la peinture blanche d’un autre équipage), la décoration de coque par Alice, la carte et le parcours par Martin et Antoine. Nous sommes très fier de notre création !




À 16h Magali emmène les enfants manger une glace sur le port puis part au supermarché pour le ravitaillement de transat.
Pour notre dernier dîner à Horta nous allons chez Pizza Papa : nous commandons 6 pizza (on emportera la moitié pour demain soir) délicieuse, copieuse et très bon marché (12€ par pizza). Les parents vont prendre un dernier verre chez Peter au coucher du soleil. Il nous faut du courage pour reprendre la mer au vu des conditions qui nous attendent !


Mercredi 23 juillet Magali va au marché le matin pour l’approvisionnement des fruits et légumes. Au marché couvert il n’y a que 2 marchands dont un local mais les produits sont délicieux et bien moins cher qu’aux USA. Antoine va faire notre déclaration de sortie au bureau du port car, même si nous sommes en Europe, il faut se déclarer sur chaque île des Açores à l’entrée et à la sortie. Avant de larguer les amarres nous prenons une photos souvenir devant notre peinture. À 12h30 nous quittons Horta heureux de rentrer vers la Méditerranée mais un peu anxieux des conditions qui nous attendent.






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