Transat retour (2) J2 – On monte dans la balançoire

Pendant que Magali prépare le déjeuner un groupe d’une dizaine de dauphins vient jouer dans nos étraves. Nous allons tous les admirer car nous sommes toujours au moteur et la mer est plate. Ils sont gris clair moucheté de gris plus foncé. C’est la première fois que nous voyons cette très jolie espèce.

Nous dégustons le porc au caramel et carottes grillées au soleil. Le vent s’oriente enfin dans le bon sens pour naviguer à la voile. Nous mettons le solent et la grand voile haute et nous coupons le moteur. Nous voyons au loin des dauphins qui chassent en rond.
Dans l’après midi chacun s’occupe sur son écran pendant que Magali profite du temps encore calme pour cuisiner une quiche et des lasagnes en prévision d’un temps plus houleux.

Les vagues arrivent

À 19h la mer commence à se creuser et le vent à monter. Nous dînons dehors en tenant nos assiettes. Alice reste allongée dans le cockpit. Nous prenons un ris dans la grand voile pour être tranquilles cette nuit.

Arthur commence son quart accompagné d’Alice qui lui tient compagnie allongée. Le bateau devient une vraie balançoire, ça balance et ça secoue quand Loela grimpe sur une vague et retombe dans le creux. Nous n’avions pas encore fait du près aussi longtemps dans ces conditions… Arthur expérimente de surveiller les écrans de navigation allongé à côté de la table à carte. C’est mieux pour le ventre. Magali reprend cette méthode pour son quart. Comme il n’y a pas un seul bateau autour de nous, elle met une alarme toutes les quinze minutes pour surveiller tout en dormant. À 3h30 le vent apparent dépasse régulièrement les 25 nds, Antoine se réveille pour prendre un deuxième ris dans la grand voile. Antoine reprend le quart à 5h et surveille les rafales de vent. Ça monte encore il va donc enrouler une partie du solent pour réduire aussi la surface de la voile d’avant. À 8h30 il recommence l’opération, nous sommes à 2 ris dans nos 2 voile et on file toujours à 8 nds au près.

Matinée allongé

Chacun se réveille au fur et à mesure, il s’assoit pour petit déjeuner et se rallonge juste après. Nous devons garder des forces pour les manœuvres et la surveillance du bateau. Rien que de se tenir debout demande des efforts musculaires et une attention particulière. Nous espérons nous habituer mais le début est plutôt rude !

Ce deuxième jour entièrement à la voile nous avons parcouru 184MN en 24h et il reste environ 850MN sur la route directe. C’est plutôt mieux que le routage mais c’est maintenant que nous allons vraiment tester la capacité de l’équipage à naviguer dans ces conditions inédites pour nous.