Le 8 novembre 2024, en quittant Tanger pour les Canaries, nous avons fait route en direction du SW depuis le cap Spartel, nous nous approchons donc du point où notre route d’aujourd’hui va recouper notre route à l’entrée de l’Atlantique !
Nous profitons des conditions légères pour nous remémorer les bons moments de notre grand tour autour de l’Atlantique en été pendant presque 9 mois ! Nous partageons des jeux en famille. Martin continue de coder et Mathilde de faire des décors, Arthur fait une partie d’échec avec Antoine. Notre rythme est lent, semblable à celui de l’océan aujourd’hui. L’Atlantique apaisé nous retient encore pour quelques heures alors nous en profitons.
Antoine commence à dessaler le cockpit pour pouvoir y marcher pieds nus. Nous ne l’avions pas préciser mais nous n’avons pas vraiment froid. Il fait en général entre 20 et 30°. Rarement plus d’un pull ou d’un pantalon au plus frais des nuits, le seul à enfiler une veste de quart a été Antoine quand il fallait régler les voiles ou faire des contrôles pendant les 4 jours de tempête. Nous avons rempli les réservoirs et les batteries alors nous préparons le bateau pour l’escale. Tout le monde se douche et se lave les cheveux. Ça fait beaucoup de bien à tous, en particulier ceux qui n’ont pas pu vraiment faire de toilette à cause de la nausée depuis plusieurs jours.
Comme nous n’avons finalement pas encore changé d’heure (nous finirons la traversée en UTC et changerons à l’arrivée), il faut penser à démarrer la préparation du repas assez tôt. Ce soir ce sont des frites de patates douces et pommes de terre alors nous mangerons au coucher du soleil. Le premier sans nuage depuis le départ de Horta !
En fin d’après-midi le vent est revenu un peu alors nous avons ressorti les voiles et arrêté le moteur. Alice et Arthur réussiront à conserver les voiles jusqu’à la fin de leur quart. Magali et Antoine alterneront les périodes avec et sans dans le vent erratique. Dans la matinée, nous sommes même tribord amure pour la première fois depuis Horta !
Le soleil s’est levé presque sans nuage alors Antoine en profite pour rincer tout le pont où la rosée matinale avait commencé à dissoudre le sel accumulé. Cette manœuvre se fait bien attaché au bateau car tout le monde dort encore. Mais forcément les plus jeunes se réveillent en entendant le jet sur leur panneau de pont et hublots.
Martin décide de préparer des pancakes pour tout le monde avec la poudre magique. Il y en aura trois par personne au fil des réveils. À nouveau la table est remontée pour les activités matinales.
Nous sommes en plein dans le trafic sortant de Gibraltar depuis 24h. Les cargos nous passent tout autour, certains sont énormes et passent à moins d’un mille, tous ne veillent pas la VHF… Nous ne croisons qu’un seul catamaran qui sort de Gibraltar (la météo est plutôt favorable pour ça aujourd’hui mais il sort au moteur). Certains bateaux sont à la dérive, arrêtés en pleine mer, probablement en attente de savoir où il doivent aller recharger.
C’est une matinée cuisine (pour Alice et Magali) et programmation (pour Martin et Mathilde). Depuis qu’ils ont redécouvert scratch et que la mer s’est calmée, Martin et Mathilde ne se lassent pas de créer des programmes qui racontent des histoires ou de programmer des jeux vidéos.
À 12h30, le huitième jour se termine sur 110MN seulement et presque 1200 depuis le départ mais il n’en reste que moins de 90. Le dernier morceau de bravoure nous attend cette nuit : tirer des bords face au vent et avec le courant donc probablement face à un beau clapot, de nuit, entre le rail des cargos et la côte rocheuse marocaine. Le vent est attendu entre médium (15nds) et fort (25nds) voire très fort aux alentours des caps (30 ? 35 ?). Il va falloir adapter la voilure, les dérives et la direction à tout ça. En commençant en début de nuit quelques MN avant le cap Spartel qui marque la frontière entre l’Atlantique et la Méditerranée. Normalement nous allons y passer 4 ou 5h puisqu’il n’y a « que » 30MN et c’est censé aller plutôt décroissant pour la force du vent et croissant pour le courant donc de plus en plus facile. On vous racontera à l’arrivée à la marina de Ceuta que nous avons réservée grâce au téléphone satellite.


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