Après cette traversée épique et épuisante, nous aspirons à du repos. En plus, nous avons envie de passer du temps avec nos nouveaux copains d’Ilo que nous avons retrouvé à Girolata après leur traversée vers la Corse. Nous étions très motivés par l’objectif de la Grèce, presque à tout prix, que nous avons couru devant eux jusqu’à Carloforte. La journée passée ensemble au mouillage nous a donné envie d’en profiter d’avantage et de partager nos expériences avec eux, de vivre des temps de navigation en commun. Nous leur avons fait faux bond à Sant’Antioco, maintenant nous allons les attendre.
Profitons des plages en attendant que le vent et les vagues se calment
Le vent a continué à souffler jusqu’à 35 noeuds toute la nuit et toute la journée. On surveille l’ancre toute la nuit grâce à la fonction qui permet d’afficher l’écran des instruments sur l’iPad posé dans notre cabine, et tout tient parfaitement bien. À 10h on se fait réveiller par la Guardia Finanzia pour un contrôle des papiers : ils déploient une grande épuisette pour récupérer nos papiers ! Tout est en règle mais ils ont même demandé nos permis bateau pourtant pas obligatoire en bateau à voile battant pavillon français.

On se repose le matin, on joue, on écrit le blog et l’après-midi départ vers la plage de Porto Giunco en annexe. Il faut dire que nous sommes devant une des plus belles plages de Sardaigne surnommée Tahiti Spiaggia car le sable est blanc et l’eau turquoise. C’est l’occasion de ressortir le drone pour faire des vues dignes des plages des caraïbes ! (Jusqu’ici, vu le vent rencontré, nous avons été prudent, d’autant qu’à bord d’un bateau, la zone de départ est mouvante et il ne peut donc pas retourner « tout seul » au départ, il faut l’attraper en vol)




Magali, Martin et Mathilde consolident un réseau de châteaux et de tunnels sur la plage pendant que Antoine, Arthur et Alice traversent la lagune pour se rendre sur une autre plage plus exposée aux vagues afin qu’Arthur puisse glisser dans les rouleaux en bodyboard pendant qu’Antoine et Alice admire les vagues se jeter sur la vaste plage (les vagues d’hier!)






Ilo nous rejoint à 19h. Nous leur proposons de les transporter avec notre annexe jusqu’à la plage dès l’arrivée et nous poursuivons les discussions sur la plage. Nous étudions à nouveau la météo : le vent est toujours fort et tourne dans un sens puis directement dans l’autre. Nous désespérons de pouvoir rallier la Grèce avec des conditions correctes mais aussi de trouver des abris qui nous permettent de passer des nuits protégés et de nous reposer correctement pendant les prochains jours.
Vendredi 5 juillet le vent se calme et le soleil revient. Nous faisons un grand nettoyage du pont et du cockpit. Les grosses vagues de la dernière navigation n’ont pas enlevé tout le sable rouge du Sahara. Mathilde et Martin font une heure d’école pendant que Arthur farniente sous la canopée à l’ombre. Pour le goûter nous voulons goûter une glace italienne dans une gelateria du village qui se situe à 3 kilomètres à pied. On repère un chemin plus court en accostant sur la plage directement à côté du village. Mais c’était sans compter les sauveteurs qui surveillent les nombreuses plages privées et qui refusent catégoriquement de nous laisser descendre de l’annexe. Dépités on se rabat sur notre plage de la veille et son bar qui vend des Magnums mais on l’aura eue, notre glace ! Comme prévu le vent a tourné de 180 degrés en fin d’après-midi et les vagues se brisent sur la plage et nous mouillent de la tête au pied en remontant dans l’annexe. On va devoir tout rincer et sécher ! On apprend de nos erreurs et la prochaine fois on mettra les serviettes de plage dans un sac étanche.



Tous les bateaux qui étaient au mouillage sont partis sauf Ilo et nous. En effet les vagues du Sud-Est se lèvent maintenant et nous ne sommes plus vraiment protégés par le cap. On a la flemme de faire le tour du cap Carbonara et d’aller devant Villasimius, on verra ce que ça fait de se faire ballotter.
Effectivement, on est remué toute la nuit, n’en pouvant plus on se lève à 5h samedi 6 juillet pour rejoindre le mouillage plus protégé de Villasimius à Campulungu.



Petite escale technique avant le grand saut
Le temps est gris et ne donne pas envie d’aller à la plage. On profite alors d’être près d’une marina pour aller à la laverie (les serviettes de plages mouillées à l’eau de mer n’ont pas séché), au shipshandler (un nouveau chapeau pour Antoine et une gaffe à crochet pour attraper les poissons que nous espérons pêcher un jour) et faire un tour à l’épicerie du camping local. Les enfants jouent dans l’aire de jeux du port avec ceux d’Ilo après un goûter glace. On réserve alors un super restaurant sur le port avec pizza, pâtes et poissons cuisinés de façon délicieuse.


De retour au bateau on se re-penche sur la météo qui nous annonce à nouveau une bascule pour dimanche, un vent du sud le matin qui va retourner nord en fin de journée, ce qui rend difficile la recherche d’un abri pour la nuit au calme. Et ensuite ce sera plus ou moins calme plat sur la zone. On se prend à rêver à rallier directement la Grèce en partant lundi matin pour 5 jours, les conditions « légères » sur le centre de la Méditerranée nous garantirait une traversée sans trop de vagues (maximum 1m quand même) mais pas forcément du vent tout le temps, il faudrait faire jusqu’à 2 jours au moteur sur les 5. Mais, avant, il faut changer à nouveau d’endroit pour éviter les vagues du sud. Avec Ilo qui rentre vers Toulon en remontant le long de l’est de la Sardaigne et de la Corse, nous projetons d’aller au nord de Capo Ferrato.
Un dernier mouillage sarde
Dimanche 7 juillet, il est 8h et le vent a bien tourné pendant la nuit. On se retrouve à nouveau trop près de la plage, à l’intérieur de la ligne de bouées, ce que nous signale les gardes-côtes vers 9h45. Ce n’est pas grave car on a prévu de partir. On va faire la navigation avec Ilo. À 10h on hisse les voiles (Grand-voile et Solent puis on prend un ris car le vent est plus fort que nous l’imaginions), on passe à nouveau entre les îles du Capo Carbonara et la terre puis on continue vers le nord avec un bon vent jusqu’à 28nds. On enregistre à nouveau une pointe de vitesse du bateau à 15 nds ! Avec les vagues moins haute et surtout le débriefing que nous avons fait tous les quatre avec Ilo, c’est beaucoup moins impressionnant que mercredi. À 13h on arrive devant la plage au nord du Capo Ferrato, c’est plus sauvage on n’aura pas de problème pour poser l’annexe sur le sable. Par contre, la petite houle de Sud-Est contourne le Cap et nous fait légèrement rouler puisque le vent de Sud nous maintient en travers. Heureusement, l’équipage commence à s’amariner et n’est pas gêné.


Après déjeuner on se prépare pour aller au goûter d’anniversaire des 7 ans de Titouan sur Ilo. On sort les 3 paddles car les 2 bateaux sont à 20m l’un de l’autre. Mais avec le vent qui souffle à plus de 20 nds, c’est difficile. Arthur et Mathilde y arrivent sans trop de problème en s’avançant le long de Loela à la main, puis en faisant un joli « bac » avec de bons coups de rames. Ensuite c’est au tour d’Alice et Magali qui essaie de reproduire la technique d’Arthur mais Alice tombe à l’eau et Magali a du mal à ramer ; elles finiront à moitié à la nage et à moitié à la rame. Quant à Antoine et Martin ils partent dos au vent et ont beaucoup de mal à remettre le paddle face au vent. Ensuite, ils ont bien dérivé sous le vent et n’arrivent pas à remonter face au vent, ils continuent à dériver. Heureusement Frédéric met rapidement l’annexe d’Ilo à l’eau et va sauver les naufragés. Que d’aventures, on se rappellera que les paddles ne sont pas sûrs avec du vent fort (note du relecteur : sauf en suivant les bons conseils, ceux d’Arthur…)
Maintenant que tout le monde est à bord d’Ilo, nous pouvons dignement fêter l’anniversaire de Titouan et partager mousse au chocolat et charlotte aux pêches. Miam ! Il est temps à présent de continuer les festivités à la plage. Chaque bateau prend son annexe et accoste sur le sable. Ilo se prend une vague en arrivant et leurs serviettes sont mouillées, nous aussi l’arrivée est un petit peu mouillée mais on avait prévu le sac étanche pour les serviettes et l’eau est à 26 degrés : ce n’est pas grave si on saute dedans. On peut alors jouer sur cette grande étendue de sable clair : construction en sable, ramassage de coquillages, ballon, raquettes et body-surf (sans planche) dans les rouleaux. À 19h on voit une rafale de vent du nord qui soulève le sable. Tout le monde remonte précipitamment dans son annexe pour aller s’assurer que nos bateaux vont bien tourner sur leur ancre sans s’entrechoquer. Avec le vent fort, les vagues du nord se forment à plus d’un mètre, ça bouge à bord car cela vient s’ajouter à la petite houle du Sud-Est. Pendant la préparation du dîner, Titouan vient à bord pour jouer à Mario Kart avec Martin et Mathilde qui lui avaient offert ce temps de découverte des jeux vidéo comme cadeau d’anniversaire : il a l’air d’apprécier !


On dîne en bougeant au rythme des vagues. Ensuite, comme on ne veut pas passer une nouvelle nuit dans une machine à laver, à 21h on part au moteur de l’autre côté du cap qui nous abritera des vagues du nord. La nuit sera agréable d’autant plus qu’il faut bien se reposer car demain matin on part pour plusieurs jours de traversée vers la Grèce (la météo s’annonce enfin clémente).
Cette semaine nous aurons vécu au rythme d’une météo changeante typique de la mer Méditerranée : plusieurs changements de mouillage, des calmes plats et des records de vitesse, 2 tentatives pour partir vers la Grèce mais la troisième sera peut-être la bonne !



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