Saison 2 Ep 10 : Treize à bord en Grèce

Nous sommes arrivés à Kalamata samedi 13 juillet à 9h30 après une traversée de 5 jours et 1h depuis la Sardaigne, juste à temps pour recevoir la visite des cousins pendant une semaine. Nous espérons ensuite les déposer dimanche 21 juillet à Paxos une petite île à 200 miles au nord pour la suite de leurs vacances dans un maison de location. Nous allons aller de mouillage en mouillage sous la chaleur grecque qui est clairement caniculaire ! Nous avions eu chaud en Sardaigne et en particulier à Carloforte une journée, c’est maintenant parti pour la canicule en permanence.

Préparation du bateau à Kalamata

Pendant la traversée nous avons longé la Sicile et nous avons eu quelques gouttes et un peu de brume avec des retombées de sable du Sahara, le bateau est à nouveau orange et nous mettons des marques partout dès qu’il y a un peu d’humidité. Il va falloir nettoyer le bateau avant l’arrivée des cousins. C’est pour ça que nous nous sommes amarrés à une place de la marina pour la journée. Sous un soleil de plomb nous rinçons à l’eau douce et frottons le pont et tout ce qui dépasse qui est recouvert d’une couche orange. Pendant ce temps Antoine va lancer les machines de linge (il n’y a qu’une seule machine à laver et pas de sèche linge : il va enchaîner les lessives les unes après les autres (avec à chaque fois aller et retour sous le soleil jusqu’au bout du port puis séchage naturel sur toutes les filières et bouts du bateau).

Les cousins arrivent en taxi à midi, après une visite rapide du bateau nous avons rendez-vous au restaurant conseillé par Guillaume, la taverne Argos. Nous dégustons nos premières spécialités grecques avec appétit : c’est délicieux et copieux (nous en aurons même assez pour faire un autre repas complet à bord). Tzaziki, Moussaka, salade grecque, boulettes de viande, saucisse et poulet schnitzel. Et c’est très bon marché, nous ne payons que 140€ pour 13 !

Ensuite c’est l’expédition courses au supermarché du port avec Magali, Jean-Baptiste, Alice et Paul ; nous remplissons un plein chariot pour une semaine, nous sommes parfois perplexes devant les étiquettes en alphabet grec (je n’ai pas de traducteur en grec sur mon téléphone). Pendant ce temps le reste de la troupe a installé les lits et casé les valises dans le bateau : Jean-Baptiste et Marie prennent la cabine des filles, Martin, Gabriel et Mathilde la cabine de devant, Arthur et Raphaël dormiront sur le canapé-lit du carré, Alice et Paul seront sur le canapé-lit du cockpit, Ambre et Ève sur les banquettes du cockpit. À 19h nous somme prêts à partir, nous visons le château de Koroni au sud-ouest de la baie mais au bout d’une heure de moteur avec face au vent un peu de clapot, ça n’avance pas et les estomacs gargouillent. Alors on cherche un mouillage plus près et abrité des vagues d’Est : ce sera à Ketries à l’est de la baie. Il fait encore chaud tout le monde saute à l’eau juste après le mouillage de l’ancre. Premier dîner à 13 sur les 2 tables ça tient très bien. Et ensuite installation du campement pour une bonne nuit bien méritée mais très chaude !

Le château vénitien de Koroni

Le lendemain matin le soleil tape déjà fort, il faut se rafraîchir dans la mer qui est à 29 degrés. Nous levons l’ancre pour traverser la baie de Kalamata en direction de Koroni. La pointe est surmontée par les ruines d’un vaste château vénitien qui surveillait le trafic entre l’Italie et le Crète au XII eme siècle. En fin d’après-midi (après la plus grosse chaleur) nous allons à la plage de cailloux qui s’est formé au pieds des murailles, d’ailleurs il y a des blocs de cailloux et mortier sur la plage et dans l’eau.

De retour au bateau les vagues se lèvent, nous allons nous protéger près de la ville dans un semblant de port libre (une jetée et un grand quai de pierres et les bateaux au mouillage devant). C’est le 14 juillet jour de finale de la coupe d’Europe (et non de fête nationale) alors on entend l’ambiance dans tous les restaurants du port.

Ile protégée de Sapientza

Les nuits sont très chaudes (entre 35 et 38 degrés) à bord et ça monte à 42 dans la journée : les ventilateurs tournent à fond et on cherche de l’ombre de la canopée. On se baigne dans l’eau autour du bateau plusieurs fois par jour. Aux heures les plus chaudes on part naviguer pour profiter de l’air ventilé. Nous passons la pointe Sud-Ouest du Péloponnèse et tirons des bords entre les îles on essaye de profiter des accélérations du vent aux pointes. Nous arrivons en fin d’après-midi sur une mini plage de l’île de Sapientza avec 2 autres bateaux. L’île est une réserve naturelle, on n’a pas le droit de débarquer mais on peut nager dans ces eaux un peu plus fraîches (27 degrés) et observer quelques poissons. Les grands enfants partent explorer une grotte en paddle. 

Le soir, certains enfants tenteront de dormir sous la canopée mais malheureusement leur enthousiasme sera douché par une petite averse pendant un épisode de vent catabatique qui les laissera bien mouillés. Ils n’oseront pas recommencer.

La mer intérieure de Pylos

Mardi 16 juillet nous mettons le cap vers la baie de Pylos en passant devant la ville de Metoni, l’autre château vénitien construit conjointement de celui de Koroni, l’entrée du port se voit particulièrement bien grâce à une tour turc.

Nous remontons vers le nord en tirant des bords au plus près du vent par une bonne brise et nous entrons dans la baie de Pylos, c’est une ville protégée par des îles et îlots. Cela forme une mer intérieure quasiment fermée qui a été le théâtre d’une grande bataille navale au XVIIème siècle entre les ottomans qui occupaient les lieux et les grecs indépendantistes aidés par les français et les anglais.

Au milieu des vestiges de forteresse le village de Pylos permet aux papas de faire un petit approvisionnement de fruits et d’accastillage (canne à pêche, parasol et surtout une ligne flottante pour matérialiser une sorte de piscine à l’arrière du bateau pour les moins à l’aise en natation). Nous repartons au nord de la baie vers une grande plage de sable. Nous en profitons abondamment pour jouer dans l’eau et faire des constructions éphémères. Le soir les enfants plus jeunes montent un spectacle pour les ados !

Au début nous voulions aller visiter Olympie qui se trouve à côté du port de Pyros mais la chaleur accablante nous fait renoncer à la moindre visite à terre. Nous préférons continuer vers le nord vers les îles Ionniennes et leurs plages pour pouvoir se rafraîchir dans la mer.

En route vers les îles Ioniennes

Après une nouvelle matinée de jeux à la plage de Pylos nous retraversons la baie du nord au sud et mettons les voiles vers Zante. Nous devrions arriver au petit matin jeudi 18 juillet dans la baie des tortues. Ce sera la première nav de nuit pour notre équipage. Nous faisons des quarts à deux : d’abord Arthur et Alice jusqu’à 1h puis Marie et Jean-Baptiste jusqu’à 4h puis Antoine et Magali jusqu’à l’arrivée à 7h. Il faut réorganiser les couchages car on ne peut pas utiliser la cabine avant qui bouge trop ni le carré et cockpit pour les enfants. Raphaël, Paul et Ève dorment dans la cabine arrière bâbord tandis que Grabriel, Martin, Ambre et Mathilde sont dans la cabine et le couloir arrière tribord; ceux qui font les quarts dormiront dans le carré et cockpit en se relayant.

La nuit se passe bien entre moteur et code zéro car le vent est faible. 

La chaleur de Zante

Nous arrivons au lever du soleil sous les falaises de Kolpas Lagane, l’eau est cristalline et le mouillage tranquille. Quelques petits bateaux à moteur arrivent à fond, mouillent quelques instants pour se baigner et repartent. Mais le gros du trafic touristique va sur l’île de Marathonisi pour voir les tortues de mer : on se demande s’il y a vraiment des tortues avec tout ce trafic. La chaleur est encore montée d’un cran avec un vent chaud et moite. On pique-nique sur le trampoline pour être le plus ventilé possible. L’après-midi une équipe va au village en annexe avec Magali, Jean-Baptiste, Raphaël et Paul pour réapprovisionner quelques fruits et gâteaux, les garçons souffrent du mal de terre ou d’un coup de chaud, on rentre au plus vite au bateau pour se baigner.

Le lendemain matin à 7h Antoine et Jean-Baptiste lèvent l’ancre pour aller mouiller près de l’île de Marathonisi pour aller à la plage de sable. Mais quand tout le monde est prêt à y aller on se rend compte que la plage est entièrement entourée d’une barrière pour protéger les nids de tortues et qu’une horde de petits bateaux et même des « Food Boat » sont déjà autour du mètre de sable disponible. Nous décidons de partir tout de suite la prochaine île ionienne de Kefaloni. Nous visons un mouillage calme devant une plage avec un restaurant pour dîner.

La douceur de Kephaloni

Nous tirons encore des bords entre Zante et la côte et tentons de mettre à profit nos connaissances de régate pour minimiser la route. Nous arrivons en fin d’après-midi vendredi 19 juillet, juste le temps de se baigner au tour du bateau avant de se préparer pour aller au restaurant de la plage que nous avons réservé. Nous débarquons de l’annexe sur le sable et nous nous installons à notre table avec vu sur le bateau, le décor est superbe au coucher du soleil et les plats délicieux. Nous avons beaucoup apprécié ce Tartarooga bar et nous nous couchons avec des étoiles pleins les yeux.

Le lendemain matin nous allons tous à la plage de sable : certains font des châteaux de sable sous les parasols, d’autres nagent dans l’eau peu profonde en regardant les poissons et les derniers jouent dans les cuvettes des rochers.

Le temps file délicieusement et il est déjà le temps de partir vers Paxos car nous devons y être dimanche après-midi où les cousins doivent récupérer leur maison pour la suite de leur vacances.

Vers la baignade d’Antipaxos et le port de Paxos

Il reste 70 miles à parcourir pour rejoindre Paxos avec un vent faible. Nous avons 2 options : tenter d’attraper plus de vent en allant au large mais c’est plus long, ou bien prendre le chemin direct qui nous fait passer par le détroit entre Levkas et Ithaque. Nous choisissons la deuxième option qui est plus courte et car nous ne savons pas s’il y aura vraiment plus de vent au large. Le passage entre les îles est magnifique, on se croirait dans l’Iliade et l’Odyssée. Le soir approche et le vent s’engouffre dans le chenal entre Ithaque et Kephaloni, nous sommes tous seuls et nous pouvons tirer des bords car le vent est – encore – de face.

Les quarts de nuit se mettent en place comme la dernière fois, Raphaël et Paul vont aider Arthur et Alice pour la première rotation. Après Ithaque le vent tombe, Marie et JB seront au moteur. Le vent est faible et nous pousse tranquillement vers Antipaxos que nous atteignons vers 10h. Nous souhaitons mouiller sur une des célèbres plages de sable blanc du nord de l’île mais il y a déjà énormément de bateaux avec en plus des ferry chargés de touristes qui débarquent pour quelques temps et des petits bateaux à moteur sans permis qui n’y connaissent rien au règle en mer, c’est un peu la foire ! Nous allons sur la deuxième plage plus petite et un petit peu moins bondée mais bien chargée quand même. Nous déployons la ligne flottante achetée à Pylos derrière le bateau pour que les bateaux à moteur ne nous rasent pas et que nous puissions nager tranquillement dans cette eau turquoise comme dans les cartes postales. 

À 16h nous partons rejoindre Paxos tout proche. Nous réussissons à trouver une place entre 2 bateaux dans le port de Gaios : il n’y a pas de personnels donc chacun fait ce qu’il veut sur les places libres. Il faut jeter l’ancre au milieu du chenal et reculer jusqu’au quai et s’accrocher derrière. Le jeu est de ne pas mettre son ancre sur celle des autres, mais ça on ne le sait que quand on s’en va ou qu’un autre bateau relève notre ancre en partant…

Nous déposons sur le quai les cousins qui vont jusqu’à leur maison en taxi. Le timing est parfaitement respecté !

Nous concluons cette belle semaine grecque pleine de fraternité chaleureuse au sens propre comme au figuré. La chaleur nous aura empêchés de visiter les terres mais nous aurons testé toutes les eaux entre Kalamata et Paxos. La semaine prochaine ce sera repos à Paxos et Corfou avant de retraverser vers l’Italie pour entamer le retour vers La Grande Motte.

2 réponses à « Saison 2 Ep 10 : Treize à bord en Grèce »

  1. Quelle chance vous avez de vivre cette expérience en famille ! Merci pour toutes les infos sur votre parcours.

    Question technique: Le paddle board, ça fait une bonne passerelle? Idée créative!

    J’aime

    1. Hello Cyril, le paddle fait une très bonne passerelle même avec moins de 50cm d’appui de chaque côté.
      Deux bémols cependant : sa grande longueur (3M) est parfois gênante et il vaut mieux mettre des protections (genre tapis ou parebattage plat) dessous aux extrémités pour éviter de l’abîmer avec le ragage.
      En tout cas, nous n’avons rien d’autre sur Loela (mais nous sommes extrêmement peu en marina, comme tu as pu te rendre compte)
      Merci pour les questions et les encouragements !

      J’aime

Répondre à cyrilvermeil Annuler la réponse.