Saison 2 Ep 15 : Activités volcaniques dans les îles Éoliennes

Cette semaine nous allons continuer sur le thème des volcans. Après avoir passé le détroit de Messine du Sud au Nord et traversé au moteur vers Vulcano, nous allons explorer les îles Éoliennes qui sont chacune des volcans. Il y a 7 îles mais nous ne verrons que Vulcano, Lipari, Salina, Panarea et Stromboli.

Sable noir et eau pétillante au sud de Vulcano

Dimanche 4 août nous sommes arrivés à 16h à la plage sud de Vulcano. Il y a déjà beaucoup de bateaux devant la plage (et pas beaucoup de place pour mouiller au large car le fond descend très vite, nous sommes au bord d’un volcan aux flancs très pentus) mais certains commencent à partir. Nous en profitons pour nous glisser à la place d’un gros catamaran, le plus près possible du bord. D’ailleurs, nous aurons moins de 2 mètres de profondeur autour du bateau finalement, ce qui est plutôt juste. En plus, le sable est noir puisque ce sont des cendres volcaniques et c’est difficile de distinguer si le fond de l’eau est constitué de sable ou de rochers (rochers qui pourraient bloquer l’ancre comme à Bandol).

La température est encore très chaude alors nous sautons à l’eau. Et là nous sommes époustouflés de voir des filets de bulles sortir du sable ! C’est incroyable de voir les gaz volcaniques qui sortent du sol directement sous le bateau. Nous allons en paddle nous promener sur la plage de sable tout noir avec des paillettes brillantes. A la nuit tombée la plupart des bateaux sont partis et le vent et les vagues sont au calme plat, nous sommes tranquilles pour jouer au Skyjo.

Lundi 5 août matin, nous voulons faire une (petite) balade au phare tout proche. Nous mettons les paddles à l’eau et Antoine et Magali rament pour débarquer avec Martin et Mathilde sur le petit quai. Nous débarquons et marchons jusqu’à une petite chapelle du XVIIème siècle puis nous continuons jusqu’au phare où la vue est magnifique. La chaleur est déjà écrasante (et pourtant il n’est que 10h du matin), nous longeons le chemin sous l’ombre légère des roseaux. Mais nous dégoulinons, il est temps de rentrer au plus vite pour se rafraichir dans l’eau avant de rentrer sur Loela.

Éruption de souffre au nord de Vulcano

Après déjeuner nous partons vers le nord de Vulcano par l’Ouest, au moteur vu le manque de vent. La côte est découpée avec des coulées de basalte qui tombent à pic dans la mer. Nous apercevons bientôt un grand cratère. Il est sorti de la mer en 1888 et n’a pas bougé depuis. Au sommet des plaques jaunes attestent la présence de souffre. Du cratère sort de la fumée blanche en continu, ce doit être du soufre aussi.

Nous atteignons l’anse de Porto di Ponente, qui est bien protégée. De nombreux bateaux profitent de cet abri aussi. Mais grâce à notre faible tirant d’eau, nous jetons l’ancre juste à coté de la ligne de bouée qui protège la plage de sable, noir également. L’eau est à 32 degrés ! Nous n’avons aucun problème pour sauter directement dans l’eau.

Antoine décide d’étudier si la réparation de la charnière du hublot, faite plus de 48h avant, a bien séché. En surface ça a l’air d’aller mais lors des essais de fermeture du panneau la charnière se décolle à nouveau… Il va falloir tout re-nettoyer et recommencer. Antoine ressort la dremel et l’essence F mais cette fois il décide de démonter l’ouvrant pour ne pas avoir de charge sur la charnière en train de sécher. Cela permet aussi une meilleure préparation du chantier. Il choisit aussi de ne pas presser le produit, une fois la charnière positionnée et appliquée à la main, après vérification de l’alignement avec sa voisine, il va laisser sécher ainsi, d’autant plus que la météo au beau fixe nous laisse penser – à raison – que nous n’aurons pas besoin de la fermer avant une semaine, le temps que ça sèche complétement. Nous croisons les doigts pour que ça marche. Suite dans un prochain épisode…

Le coucher de soleil est magnifique avec l’île de Salina en ombre chinoise. C’est une île formée par 2 volcans jumeaux qui crachent beaucoup de fumée de souffre d’après les guides. L’odeur d’œuf pourri peut être désagréable alors nous décidons de ne regarder cette île que de loin.

Mardi 6 aout matin c’est la finale de l’épreuve de saut d’obstacle des Jeux Olympiques, en équitation évidemment. Les filles regardent toutes ensemble les cavaliers sauter devant le château de Versailles, pas de médaille française mais le suspense était intense. L’après-midi nous allons explorer le village et les bains de boue volcanique. Ce sont des cuvettes naturelles de boue grise et chaude qui ont apparemment des vertus dermatologiques (également préconisée pour le traitement de l’obésité). Le site est fermé mais nous nous dirigeons vers la page toute proche où il y a des gros bouillons qui sortent de l’eau. Nous nous mettons à l’eau pour voir ça de plus près. L’eau est trouble de filament de boue et des bulles sortent de partout, les gros bouillons c’est de l’eau chaude vers 50°C qui sort du sol. L’odeur de souffre est aussi nauséabonde. Alice trouve une pierre de boue : on frotte cette pierre sur un caillou et ça fait de la boue qu’on peut étaler sur le corps.

Sur la plage, Arthur et Mathilde cherchent des pierres ponces et ils en trouvent plusieurs qu’ils testent en les faisant flotter sur l’eau ! De retour dans la crique où nous avons débarqué, Arthur, Alice et Martin rentrent directement au bateau depuis la plage pendant que les autres font le tour pour récupérer l’annexe au ponton.

En rentrant vers l’annexe, nous cherchons une pizzeria pour manger à bord devant le film Ratatouille. Nous croisons 3 pizzerias mais elles n’ont pas démarré leur service à 18h30. Antoine retournera à la plus proche, qui propose une pizza à la pistache de l’Etna et à la Mortadelle italienne … miam !

Lipari et son musée archéologique

Mercredi 7 août nous quittons Vulcano dès le matin et mettons le cap vers l »île voisine de Lipari. Nous passons à côté de dents de pierre posées au milieu de la mer et nous atteignons rapidement la baie de Lipari avec son château construit sur un promontoire volcanique. Le port est minuscule seulement réservé au ferry et petits bateaux à moteur de location donc nous trouvons une plage à côté de la ville pour mouiller, le fond est noir car c’est du sable entre quelques cailloux. Antoine essaiera d’aller jusqu’à la plage et constate qu’elle est constituée entièrement de cendres volcaniques très agressives pour les pieds !

Une petite baignade pour vérifier que l’ancre est bien accrochée et nous débarquons en annexe au petit port pour déjeuner au restaurant local et déambuler dans les petites rues. Les ruelles étroites permettent de laisser le vent s’engouffrer et d’être à l’ombre. Les maisons ont des balcons en fer forgé très jolis qui portent presque tous les signe de Lipari dans leurs angles.

Nous montons vers le château sur le promontoire volcanique sur lequel se trouvent 5 églises et un musée archéologique. Le musée regroupe les découvertes qui ont été faites sur les différentes îles éoliennes. Au paléolithique, les îles se sont beaucoup développées grâce au commerce de l’obsidienne. C’est du verre volcanique qu’on pouvait travailler pour faire des lames plus coupantes que le silex. Mais avec la découverte du fer, l’obsidienne est devenue obsolète et cette « industrie » a périclité rapidement. Ensuite ce sont les grecs qui ont colonisé ces îles et y ont laissé de très belles poteries et masques de théâtre. Les objets sont très bien conservés car plusieurs éruptions volcaniques ont recouvert de cendre les habitations, comme à Pompéi. Enfin les dernières salles montrent le commerce des romains avec des tas d’amphore et d’ancre retrouvé dans des épaves.

Après ce « musée de poterie » comme l’on appelé les enfants, nous allons faire des courses de fruits et légumes et épicerie. Il faut tout faire rentrer dans notre chariot et faire un grand détour à travers les ruelles escarpées pour éviter les escaliers en redescendant au port. Arrivés au port, un petit arrêt dans les boutiques de souvenirs s’impose : Alice achète un bracelet en obsidienne, Martin une boîte de pierres des volcans et Mathilde un coffret à bijoux en coquillage. Il faut ensuite faire rentrer tout ça dans l’annexe pour retourner sur Loela.

Éruption du Stromboli de nuit

Nous voulions voir une éruption du Stromboli, ce qui implique de passer à côté de nuit (car les éruptions ne se voient que de nuit, comme nous l’avions vu devant l’Etna). Le cratère étant au Nord-Ouest de l’île, il nous faudra donc planifier notre traversée pour passer au Nord-Ouest de Stromboli vers 20h environ. Heureusement, la route vers la baie de Naples, où nous avons organisé un rendez-vous avec des amis pour le week-end prochain, passer devant Stromboli. En planifiant correctement notre trajet, nous pourrons passer devant Stromboli au bon moment et continuer vers Naples ensuite, car nous n’aurions pas le temps de nous arrêter à Stromboli pour y dormir (et les mouillages y sont plutôt compliqués).

Nous prenons donc la mer jeudi 8 août en direction de Naples en passant par Panarea et Stromboli. A 10h nous quittons notre mouillage de Lipari, le vent est tranquille, nous mettons le code zéro. Le paysage est magnifique derrière nous il y a les îles Salina, Lipari et Vulcano. Et devant nous nous pointons vers Panarea et ses îlots et plus loin Stromboli. A 16h nous passons à côté de Panarea et au milieu des îlots de Basiluzzo. Étant donné la répartition circulaire de ces rochers, ça doit être un ancien cratère effondré dans la mer. Le vent facétieux nous conduit même en plein milieu des rochers, nous sommes même obligés de mettre le moteur quelques minutes pour passer au large de l’un d’eux… mais la vue est extraordinaire et nous sommes content de pouvoir les admirer de près.

Nous continuons vers Stromboli en passant finalement d’abord par l’est de l’île car nous arrivons vers 18h et il sera trop tôt pour voir une éruption. Il faut savoir aussi qu’il est interdit de longer de près le côté ouest car le volcan se répand à l’ouest avec des projection de pierres et de lave dans la mer.

Après avoir admiré la vue au pied du volcan, nous décidons de nous arrêter près de la plage pour une baignade avant de continuer le tour de l’île pour admirer l’éruption. Nous jetons l’ancre sur du sable noir et nous comptons ne rester qu’une heure donc nous ne mouillons que 20m de chaîne sur 6m de fond (le vent est quasi nul sous le vent de l’île même si un peu de vent arrive par le Nord en contournant l’île) et nous ne mettons pas la patte d’oie pour rallonger. Nous allons, tous, voir la plage de cendre noire à la nage.

Et c’est là que notre premier accident se produit ! Juste après qu’Arthur, qui avait décidé de rentrer sur Loela un peu plus tôt et en avait profité pour vérifier l’ancre, soit remonté à bord, nous voyons le bateau déraper sur le voilier voisin. L’ancre s’est décrochée de ce sable trop léger et friable et, les fonds étant très en pente, n’a pas pu crocher à nouveau. Heureusement Arthur et Martin, qui étaient revenu à bord juste avant, démarrent les moteurs pour arrêter Loela. Le voisin avait vu venir et avait protégé son bateau avec des pare-battages. Nous ne nous sommes donc que posés contre ses protections. Nous nageons rapidement et remontons à bord en catastrophe.

Le voisin est très en colère et fait le tour de son bateau et du nôtre en annexe en prenant des photos. Il était d’ailleurs déjà venu nous dire de partir au moment où Arthur remontait à bord 10 minutes plus tôt. Antoine parlemente puis fait également le tour du bateau et celui du voisin. Les dégâts semblent au début limités à un feu de navigation tordu mais le voisin signale ensuite des marques dans la peinture de l’étrave et nous indique que nous avons dû pousser son bateau contre sa chaîne… Antoine monte à bord, et ils font un constat (imprimé en urgence sur l’imprimante de Loela). Finalement, le propriétaire se détend, Antoine revient photocopier le constat au bateau et en profite pour faire visiter Loela au voisin qui rêvait d’un Outremer. Nous quittons rapidement ensuite de cet endroit maudit.

Nous faisons le tour de l’île par le Nord au moteur, pour nous remettre de ces émotions et arrivons du côté Ouest au coucher du soleil avec plein d’autres bateaux qui viennent voir la même chose que nous. Quand la nuit s’installe nous pouvons enfin voir quelques rougeoiements dans le cratère mais c’est moins impressionnant que l’Etna. Nous avons tout de même la chance de voir une explosion un peu plus forte que nous arrivons à capturer !

Nous quittons ainsi les îles Éoliennes où nous avons découvert le sable noir, les bains pétillants, les éruptions de souffre, la boue volcanique, l’eau chaude bouillonnante, l’obsidienne et la lave en fusion explosive. Des souvenirs pleins la tête nous continuons sur le même thème en direction du Vésuve. Nous avons rendez-vous avec Eliot (un des meilleurs amis de Martin), sa sœur Louna et sa maman Cassandre. Ils avaient projetés depuis des mois de nous retrouver en choisissant de faire un voyage en itinérance en tente en Italie. Nous nous étions dit que nous aimerions visiter Pompéi ensemble et nous avons rendez-vous depuis quelques jours sur la côte Sud de la baie de Naples où ils ont trouvé un camping pour quelques jours…