Après une dernière crique entre amis aux Baléares à Cala Pregonda, sur la côte Nord de Minorque, nous reprenons la mer en direction du Nord vers… la France ! Nous partons en milieu de journée et prévoyons deux jours en mer vu la faiblesse du vent annoncé. Martin a demandé à faire ses premiers quarts en autonomie la nuit, il est programmé de 20h à 22h les deux soirs avant les ados.
Premiers quarts de nuit de Martin pour la traversée Baléares – France
En ce vendredi 15 août, tout le jeu va être de se glisser entre le cap de Creus à l’Est de l’Espagne et les vents contraires assez forts qui vont souffler du Nord dans notre Est. Sur notre zone, le vent est prévu de secteur Ouest donc nous allons rester plutôt sur la route directe voire un peu à gauche si possible. Nous partons sous GV pleine et Code Zéro et le vent diminue rapidement de 10 à 6nds. Nous restons aussi près du vent que possible et suivons ses oscillations pour suivre notre stratégie.



Martin prend son quart à 20h et Antoine lui apprend la surveillance de la force du vent et de sa direction ainsi que la route du bateau. Il découvre aussi la surveillance de nuit, avec l’AIS et le radar à l’intérieur, et la veille visuelle dehors toutes les 15min en s’attachant à la sortie du cockpit. Heureusement, le vent, la mer et le trafic sont calmes cette nuit et nous taillons notre route sans histoire jusqu’à 7h du matin. Seul évènement notable, nous voyons apparaître Grand Duc, le bateau de nos amis qui étaient censés rester à Minorque, sur l’AIS vers 2h du matin à 20MN derrière nous !
Au lever du soleil, le vent a tourné et vient maintenant de derrière, toujours aussi faible. Nous passons donc au moteur. Le vent revient pendant le quart de Magali qui déroule le solent pour repartir à la voile car nous avons déjà presque 10nds, à nouveau au près. Le vent oscille et nous virons à chaque fois pour rester sur le bord qui nous rapproche. Antoine en profite pour affiner les corrections du vent sur la girouette électronique.
En milieu d’après-midi, nous rentrons dans une zone étrange où le vent est complètement différent au niveau de la mer et en haut du mât à 20m d’altitude. Le vent met plus de 2h pour passer du NE au WSW avec des variations énormes. Nous mettons parfois le moteur quand il tombe tout à fait mais au moment du dîner, nous pouvons enfin reprendre la route à la voile. Nous admirons avec émotions notre dernier coucher de soleil en mer. Alice profite du calme pour terminer la couture du sac qu’elle a conçu depuis les Canaris. 7 mois pour coudre et broder un sac en bateau, c’est honorable.





Martin prend son deuxième quart de nuit, la situation à l’air claire bien que très variable. Le vent est censé tourner vers l’arrière puis tomber avant de revenir de l’Ouest et de tourner à nouveau par l’avant vers l’Est… Surprise ce samedi soir, après le quart de Martin plutôt calme, le vent se renforce en tournant au NW au lieu de tomber et c’est bientôt plus de 20nds d’un vent qui ressemble à la tramontane qui souffle dans la nuit. Alice réveille Antoine qui vient de s’endormir. Il n’est pas très réveillé et un peu en mode panique à cause du changement de temps brutal et imprévu. Nous prenons un ris puis le relâchons au moment où la situation se stabilise un peu après minuit. Antoine retourne se coucher un peu épuisé par ces évènements.
Le vent tombera ensuite encore plus, nous poussant à dérouler le code zéro puis l’enrouler à nouveau 2h plus tard puis de prendre un ris pour finir. Antoine termine la traversée en tirant des bords au milieu des petits bateaux de pêcheurs devant le port du cap d’Agde car il se trouve pile dans la direction du vent.
A 9h ce dimanche 17 août, nous nous amarrons au quai de la capitainerie du port du Cap d’Agde où nous avons réservé une place, en français !
Escale gastronomique au Cap d’Agde
Cela fait 6 mois que nous attendons le goût des viennoiseries françaises, alors, dès que nous sommes arrivés, Antoine et Mathilde vont chercher croissants, pains au chocolat et baguette pour notre petit déjeuner. Nous apprécions ce petit plaisir ! Petite surprise en allant à la boulangerie, Antoine se rend compte que Mathilde n’arrive plus à lire les enseignes de loin, même en français. Un passage chez l’ophtalmo va s’imposer dès notre retour.
Nous nous reposons de cette traversée avant d’aller déjeuner au restaurant de l’Estocade, une délicieuse cuisine de produits frais faits maison. Les poissons et viandes sont appréciés de tous.
L’après-midi Antoine va faire les lessives au fond du port. Pendant que les machines tournent il va à une super boulangerie et achète des pâtisseries variées pour le dîner. Que nous sommes contents de retrouver les spécialités françaises des éclairs, religieuses, tartelette citron meringuée ou framboise !



Lundi 18 août au réveil d’une bonne grasse matinée, Antoine va au fond du port en annexe pour acheter des viennoiseries et pâtisseries à la très bonne boulangerie. Nous nous régalons au petit déjeuner avant de partir du port.
L’Espiguette nous revoilà
Nous hissons la GV et déroulons le code zéro à la sortie du port du Cap d’Agde. Le vent nous pousse tranquillement vers l’Est : les prévisions météo sont à l’inverse de ce qu’ils avaient annoncé mais nous ne nous en formalisons plus … c’est la capricieuse Méditerranée. Nous déjeunons en mer de notre dernière boîte de pâté français qui aura traversé les mers et océan, agrémenté de jambon et fromage espagnol : il faut bien honorer les bonnes baguettes françaises. En dessert nous savourons les pâtisseries de Agde.
L’après-midi est calme : sieste pour les uns, jeux et lectures pour les autres. Martin nous prépare une mousse au chocolat pour l’arrivée à LGM.




Nous arrivons au coucher du soleil le banc de l’Espiguette avec au loin les immeubles voilés de la Grande Motte. Nous revenons avec émotions sur notre tout premier mouillage.
Mardi 19 août nous nous réveillons au bruit des vagues des optimists, planche à voile, hobby cat. Après le petit déjeuner, Alice, Antoine et Magali vont en paddle sur langue de sable de l’Espiguette. C’est agréable de marcher sur le sable et dans quelques dizaines de centimètres d’eau ! Nous discutons des bénéfices du voyage avec Alice. Outre la découverte des pays et cultures très différentes de la notre, Alice retient aussi la capacité à nouer très rapidement des liens d’amitié avec d’autres bateaux-copains. Nous les croisons si rapidement qu’il faut aller tout de suite à la rencontre des autres que nous quitterons tout aussi rapidement.
Nous faisons tout le tour et revenons vers les paddles. Il doit y avoir une petite marée basse car les zodiacs beachés sur la plage sont trop à sec pour repartir ! Nous aidons un propriétaire à pousser son bateau dans l’eau grâce à la technique du balancer-glisser … il fera plus attention la prochaine fois ! Nous rentrons sans problème à la rame au bateau. Même si la mer est plus fraîche qu’aux Baléares le soleil tape et une petite baignade nous rafraîchit. Magali s’arme d’un gant pour nettoyer les traces de saleté déposées au port d’Agde … nous ne voulons pas arriver sale à La Grande Motte !
Pour le déjeuner nous essayons de finir une boîte de conserve américaine : nous avions fait un stock en cas d’urgence pendant la transat mais nous savons très bien que si nous ne le mangeons pas maintenant nous ne le ferons jamais. La boîte de Jambalaya est bien épicée, peut-être pour faire passer le goût pas extraordinaire…
Retour à La Grande Motte
La météo prévoit des orages ce soir alors nous allons nous protéger un jour plus tôt que prévu au port de La Grande Motte. En ce début d’après-midi il n’y a pas beaucoup de vent alors nous allons garder le code zéro pour cette dernière navigation. Nous hissons la grand voile pour la dernière fois, déroulons la voile d’avant et c’est parti pour nos derniers bords. 😢 Loela glisse toujours aussi bien et nous dépassons facilement les autres bateaux. Nous arrivons en une heure devant le phare de l’entrée du port. Nous nous appliquons pour replier très bien les voiles, à 4 s’est très facile. Tout le monde aide ensuite à mettre les amarres et les pare-battages pour la difficile manœuvre d’amarrage entre les Ducs-d’Albe (poteaux de chaque côté du bateau). Antoine manœuvre parfaitement et Arthur, Alice et Magali accrochent le bateau avec ses amarres et Martin et Mathilde s’occupent de protéger le bateau des frottements avec les pare-battages. Notre voyage est bel et bien terminé avec ce retour au point de départ !






Nous rangeons le code zéro dans la soute avec tous ses bouts. Martin et Mathilde ont préparé un pavois avec tous les drapeaux des pays où nous nous sommes arrêtés. Nous le hissons au mât et les 15 drapeaux claquent au vent (et encore il nous manque les drapeaux de la Sicile, des Baléares, de la Martinique et de la Guadeloupe). C’est un beau symbole des 16 000 miles parcourus ! Nous avons dû naviguer 85% à la voile. Nous n’avons utilisé les moteurs que pendant 500 heures chacun dont une partie uniquement pour recharger les batteries. Nous avons produit 28 000 litres d’eau douce grâce à notre dessalinisateur. Loela nous a vraiment permis d’être autonome pour vivre en famille autour du monde, Là Où Est L’Amour❤️








Pour fêter cette dernière étape nous festoyons au restaurant Marin’Sol, nous apprécions encore et toujours la cuisine française variée et goûtue.

La navigation est à présent terminée. Il nous reste maintenant à déménager de Loela et emménager à Ligugé : des journées intenses en perspective !



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